Obama donne l'Egypte en exemple et salue le "courage" des Iraniens

16 février 2011 à 8h03 par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Le président américain Barack Obama a mis en garde mardi ses alliés du monde arabe face au risque de révolution à l'égyptienne s'ils freinent les aspirations démocratiques de leur population, et espéré que les Iraniens continuent à défier leurs dirigeants. 

"On ne peut exercer indéfiniment le pouvoir par la force", a lancé M. Obama lors d'une conférence de presse organisée à la Maison Blanche quatre jours après le renversement du président égyptien Hosni Moubarak."Toute société a besoin de consentement à un niveau ou à un autre".

Le président américain a indiqué que Washington avait "envoyé un message fort" à ses alliés de la région pour les inviter à prendre "exemple sur l'Egypte plutôt que sur l'Iran".

"Le message que nous avons lancé aux amis comme aux ennemis avant même les manifestations en Egypte a été de dire que le monde change", a déclaré M. Obama."Au Moyen-Orient, une jeune génération dynamique cherche à saisir sa chance.Et si l'on gouverne un de ces pays, il faut se tenir à la pointe du changement, on ne peut pas se permettre d'être à la traîne", a-t-il ajouté.

Selon le président américain, à l'ère de Twitter, les dirigeants ne peuvent plus espérer écraser une révolte dans le sang sans que cela se sache.

"Je pense qu'en observant ce qui se passe en Tunisie et en Egypte, les gouvernements de la région commencent à prendre conscience" de ce phénomène, a dit M. Obama.

"Mon espoir est qu'ils répondent à cette soif de changements en empruntant une voie qui ne mène pas à la violence", a-t-il noté.

Hosni Moubarak, allié depuis 30 ans des Etats-Unis, a été acculé par la rue à la démission moins d'un mois après un autre dirigeant du monde arabe, le Tunisien Ben Ali.Depuis la démission vendredi de M. Moubarak, des manifestations ont eu lieu dans d'autres pays de la région: Algérie, Yémen, Bahreïn.

En Iran, des milliers de personnes ont manifesté par petits groupes lundi dans le centre de Téhéran, malgré l'interdiction des autorités.Ces manifestations, au cours desquelles deux personnes ont été tuées et neuf policiers blessés, sont les premières depuis un an.

Barack Obama a trouvé "paradoxal" que les dirigeants iraniens "fassent mine de célébrer ce qui s'est passé en Egypte, alors que dans les faits ils ont fait exactement le contraire de ce qui s'est passé en Egypte en tabassant les gens qui essayaient de s'exprimer pacifiquement".

"J'espère que le peuple d'Iran va continuer à avoir le courage d'exprimer sa soif de liberté et son désir d'avoir un gouvernement représentatif", a dit le président des Etats-Unis.

Mardi soir, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé que les "ennemis" qui avaient orchestré les manifestations ne parviendraient pas à atteindre leurs objectifs, en faisant allusion aux Etats-Unis, à Israël et aux leaders de l'opposition iranienne.

Pour l'administration américaine, l'évolution démocratique du monde arabe permet de faire pièce à l'influence d'Al-Qaïda, qui explique que seule la violence amènera un changement politique dans la région.

"Des changements véritables au sein de ces sociétés ne se produiront pas à cause du terrorisme", a relevé M. Obama."Ils ne se produiront pas parce qu'on tue des innocents.Ils se produiront parce que des gens se rassembleront et exerceront leur force morale dans une situation donnée".

A propos de la situation en Egypte, M. Obama a estimé qu'il y avait "évidemment encore beaucoup de travail à faire", mais "ce que nous avons vu jusqu'ici est positif".

Il a défendu sa gestion de la crise égyptienne, critiquée par son opposition républicaine qui l'accuse d'avoir pêché par ses hésitations.

Il a estimé qu'au bout du compte l'Egypte avait procédé "à une transition pacifique.