Otages au Mali: Aqmi met en garde la France contre une opération militaire

Par La rédaction

RABAT (AFP) - (AFP)

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a adressé jeudi un avertissement à la France et à d'autres pays européens leur demandant de ne pas soutenir une opération "imminente" visant à libérer leurs otages au Mali, selon un communiqué parvenu jeudi à Rabat.

"Selon des informations qui nous sont parvenues récemment, l'alliance des croisés menée par la France, qui soutient certains régimes comme l'Algérie et la Mauritanie, prépare une opération militaire "imminente" pour libérer les otages détenus par l'organisation", indique Aqmi.

Ce communiqué en arabe, non authentifié, est parvenu au bureau de l'AFP à Rabat sous forme d'un courrier électronique de l'organisation clandestine active au Sahel et liée à la mouvance d'Al Qaïda.

Il a été aussi publié par l'ANI, une agence de presse mauritanienne en ligne.

L'ANI a régulièrement publié par le passé des communiqués ou déclarations d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique sans avoir jamais été démentie.

"Nous adressons un avertissement à la France, le Royaume-Uni, la Hollande et la Suède: s'ils autorisent cette opération, cela signifie la mort de leurs ressortissants et une atteinte à leur vie, dont ils ont la responsabilité", poursuit l'Aqmi.

"Nous précisons également que nous cherchons une solution pacifique à ce problème des otages", conclut-il.

L'Aqmi a déjà revendiqué l'elèvement fin novembre dernier au Mali de deux Français et de trois Européens.

"Nous revendiquons l'enlèvement le 24 novembre des deux français, travaillant pour les services de renseignement de la France, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, ainsi que celui de trois Européens, le lendemain à Tombouctou", indiqué un communiqué de l'Aqmi le 8 décembre dernier.

La branche maghrébine d'Al-Qaïda a fait publier le 9 décembre 2011 deux photos de cinq européens, dont deux Français, enlevés les 24 et 25 novembre au Mali, qui viennent en appui d'un communiqué publié la veille par l'organisation revendiquant ces enlèvements.

Une des photos montre les deux Français, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enlevés le 24 novembre à Hombori (nord-est du Mali), avec trois hommes armés derrière eux, le visage recouvert d'un turban.

L'autre montre un Sud-Africain qui a également la nationalité britannique, un Suédois et un Néerlandais enlevés le lendemain à Tombouctou (nord du Mali), entourés de quatre hommes en armes, dont l'un a le visage découvert.Un touriste allemand qui avait résisté à son enlèvement avait été tué à Tombouctou.

Dans le communiqué publié Aqmi écrivait avoir enlevé ces cinq Européens en "réponse aux agressions répétées de la France contre les musulmans des pays du Sahel" et comme "une réaction légitime face aux politiques permanentes et insensées de (Nicolas) Sarkozy", président français.

L'organisation ajoutait que "le Mali a été choisi sciemment en raison de l'implication du régime d'Amadou (Toumani) Touré dans une guerre contre les Moujahidine (combattants)", cédant "ainsi aux pressions exercées sur lui par la France et les Etats-Unis".

"A tes quatre sujets retenus à Arlit, s'ajoute désormais l'enlèvement de deux autres Français dont tu endosses l'entière responsabilité", ajoutait une partie du texte adressée au seul président Sarkozy, en référence aux Français enlevés en septembre 2010 sur la mine d'uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger), toujours retenus en otage.

Aqmi a en revanche démenti être l'auteur de l'enlèvement de trois Européens - un Espagnol, une Espagnole et une Italienne - en octobre dans un camp de réfugiés sahraouis à Tindouf, en Algérie.