Présidentielle au Tchad: 120 véhicules de police neufs pour le maintien de l'ordre

Par AFP

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La police tchadienne a reçu lundi 120 véhicules neufs pour "restaurer l'autorité de l'Etat", à un mois de la présidentielle que le sortant Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans et accusé de réprimer l'opposition, semble assuré de remporter, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Le souci majeur du gouvernement est d'assurer la paix, la sécurité", a assuré le ministre de la Sécurité publique Souleymane Abakar Adoum en remettant lors d'une cérémonie à N'Djamena les 120 véhicules flambant neufs aux membres du Groupement mobile d'intervention de la police (GMIP).Interrogés par l'AFP, ni le ministre ni un haut responsable du ministère de la Sécurité publique n'ont voulu indiquer auprès de qui l'Etat s'était procuré les véhicules ou le montant de cette opération.Samedi, lors de son premier grand meeting de campagne pour la présidentielle du 11 avril, M. Déby, au pouvoir depuis décembre 1990 a martelé que "la démocratie n'est pas le synonyme du désordre".Son pouvoir est accusé, en particulier ces derniers mois, de réprimer toute opposition en interdisant les rassemblements de partis ou de mouvements de la société civile qui réclament "une alternance au pouvoir".La Cour suprême a invalidé les candidatures de plusieurs opposants, dont certains des plus farouches, tandis que d'autres se sont retirés du scrutin en accusant M. Déby d'user de la "force" pour museler l'opposition et de "militariser la campagne électorale".Le 28 février, une tentative d'arrestation de l'opposant et candidat Yaya Dillo Djerou, s'est soldée par la mort de trois personnes - la mère de celui-ci et deux soldats selon un bilan officiel. M. Djerou a pris la fuite et la Cour suprême a invalidé sa candidature quelques jours après.Amnesty international a qualifié les interdictions de manifester de "restrictions non nécessaires et disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique" et a dénoncé des "arrestations arbitraires" de cadres et de militants de l'opposition. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a "déploré le recours à la force dans le cadre du processus électoral au Tchad".Les rivaux les plus farouches de M. Déby hors course, ce seront cinq candidats, sur les 16 ayant initialement déposé leur candidature, qui affronteront le maréchal Deby le 11 avril: Félix Nialbé Romadoumngar, Albert Pahimi Padacké, Théophile Yombombe Madjitoloum, Baltazar Aladoum Djarma et, première femme candidate à la présidentielle de l'Histoire du Tchad, Lydie Beassemda.