RDC: 49 manifestants arrêtés pour avoir réclamé la convocation de la présidentielle

30 septembre 2017 à 19h59 par La rédaction

Goma (RD Congo) (AFP)

Près d'une cinquantaine de manifestants ont été arrêtés samedi dans deux villes de la République démocratique du Congo pour avoir réclamé la convocation de la présidentielle au plus tard le 31 décembre, ont constaté des correspondants de l'AFP.

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), bastion du mouvement des jeunes indignés Lutte pour le changement (Lucha), 33 jeunes manifestants dont trois femmes ont été arrêtés et détenus par la police depuis la mi-journée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces manifestants ont marché pacifiquement sur 5 km portant des affiches où l'on pouvait lire: "Nous voulons des élections"; "Nous demandons à la Céni (Commission en charge d'organiser les élections en RDC) d'organiser des élections au plus tard le 31 décembre 2017".

Ils ont pu contourner le cordon de la police et déposé un memorandum au bureau local de la Céni pour rappeler l'obligation légale de convoquer la présidentielle 90 jours avant sa tenue effective.

A Kisangani, quatrième ville de la RDC dans la province de la Tshopo (nord-est), 16 manifestants présents à l'appel de Lucha, dont une femme, ont été aussi interpellés par la police."Nous allons d'abord les auditionner", a déclaré à l'AFP le colonel Guy Biabongo, chef de la police de Kisangani.

La veille (vendredi) les sections de Lucha à Bunia dans la province de l'Ituri (est), de Goma dans le Nord-Kivu (est), de Bukavu dans le Sud-Kivu (est) avaient appelé à des marches pacifiques pour exiger de la Céni la publication d'un calendrier électoral qui prévoit la présentielle au plus tard le 31 décembre 2017.

Dans un accord  conclu par la majorité et l'opposition sous la médiation des évêques catholiques le 31 décembre 2016, les élections devraient se tenir au plus tard "fin 2017".

Mais, en raison "des violences dans le Kasaï", la Céni a estimé qu'il n'était "pas possible" de tenir le délai.

La RDC traverse une crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Kabila dont le deuxième mandat a pris fin le 20 décembre 2016.La Constitution lui interdit de se représenter.