RDC: des bonobos attaquent et mutilent trois hommes en forêt équatoriale

Par La rédaction

AFRICA RADIO
KINSHASA (RDCongo) (AFP) - (AFP)

Trois employés d'une ONG de conservation de la nature en RD Congo ont été attaqués et mutilés début août par des bonobos dans la forêt équatoriale, un comportement inhabituel pour ces singes spécifiques à ce pays, a-t-on appris jeudi de sources locales.

"Trois gardiens, une vétérinaire et une pisteuse faisaient une patrouille dans la forêt quand le mâle (bonobo) dominant s'est dressé devant eux.Il a appelé sa troupe et ils ont agressé seulement les hommes", a raconté à l'AFP Claudine André, présidente à Kinshasa de l'association les Amis des Bonobos du Congo (ABC), qui emploie les trois gardiens. 

Selon Mme André, "deux gardiens ont perdu leur nez, ainsi que des phalanges et un autre a perdu une oreille".Soignés dans un hôpital de Kinshasa, ils devraient être prochainement transférés en Europe pour des soins appropriés.

En 2009, l'ONG ABC avait réintroduit 15 bonobos dans la forêt primaire près de Basankusu (province de l'Equateur, nord-ouest), mais trois ont disparu depuis avril 2011, vraisemblablement enlevés ou tués par des braconniers.

"Depuis la disparition en avril de trois d'entre eux, nous avons noté un changement inhabituel du comportement" des autres, a-t-elle expliqué, précisant que deux cas d'agressions au total avaient été enregistrés depuis avril, contre aucun avant.

En Equateur, la société civile -un regroupement d'ONG-, a déploré un "manque de protection de l'être humain" au détriment des animaux.

"Conserver la nature c'est bien, mais il faut d'abord protéger les populations", a déclaré à l'AFP son président, Joseph Eseno, pour qui les gardiens des bonobos devraient être dotés d'armes adéquates pour se défendre en cas d'agression.

Identifié en 1929 dans l'ex-Congo belge, le bonobo a été décimé par des années de guerre et de braconnage intensif.Sa population, autrefois dénombrée en 1980 à 100.000 singes, est aujourd'hui estimée entre 10.000 et 20.000.

Se nourrissant essentiellement de végétaux, il se caractérise notamment par son mode de règlement des conflits, consistant en une simulation de l'acte sexuel ou en un accouplement, qui "s'effectue pêle-mêle, quel que soit l'âge ou le sexe", selon l'ABC.

L'ONG a crée en 1994 la ferme "Lola ya Bonobo" (le Paradis des Bonobos), près de Kinshasa, où 68 bonobos vivent en semi-liberté dans une forêt enclose de 30 hectares.