Retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire: date connue quand tout sera "prêt" (ministre)

Par AFP

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La date du retour en Côte d'Ivoire de l'ex-président Laurent Gbagbo ne sera connue que quand tout sera "prêt" pour l'accueillir, notamment en termes de sécurité, a annoncé jeudi le ministre de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin.

"Les commissions techniques sont mises en place pour travailler sur la question du retour de Laurent Gbagbo" a déclaré M. Konan Bertin, lors d'une réception des partisans de M. Gbagbo, dont d'anciens cadres de son parti et sa soeur cadette, Jeannette Koudou, rentrés vendredi à Abidjan après dix ans d'exil au Ghana."Ce retour, nous le souhaitons tous, parce que notre rêve est qu'il vienne consolider la paix sociale. Nous travaillons à ce que nous puissions réunir les conditions pour qu'il en soit ainsi", a poursuivi le ministre."Il faut être certain que tout est mis en place", en particulier en matière de sécurité, a-t-il dit, ajoutant: "C'est quand on est prêt qu'on annonce la date d'arrivée".Le retour de Laurent Gbagbo devrait attirer des foules de milliers de personnes."Nous sommes venus dans l'esprit de paix et de réconciliation, participer à ce processus qui pour nous, avec l'arrivée de Laurent Gbagbo, va constituer un pas géant vers la réconciliation", a souligné de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole des exilés rentrés vendredi.Leur retour a précédé celui attendu de Laurent Gbagbo lui-même, après son acquittement le 31 mars par la justice internationale de crimes contre l'humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle, une crise qui avait fait quelque 3.000 morts.Début avril, M. Ouattara a annoncé que Laurent Gbagbo était libre de rentrer en Côte d'Ivoire - depuis Bruxelles où il vit actuellement - quand il le souhaitait, mais n'avait fixé aucune date.Alassane Ouattara a été réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par l'opposition qui avait boycotté l'élection. Ce scrutin a donné lieu à une crise qui a fait une centaine de morts et un demi-millier de blessés entre août et novembre 2020.La tension est ensuite retombée, les élections législatives de mars s'étant déroulées dans le calme, avec la participation de l'opposition.Les gestes d'apaisement se multiplient depuis, dont le retour d'exilés et la libération d'une centaine de prisonniers, arrêtés en liaison avec les violences électorales de 2020.