Sierra Leone: le parti du président arrache la présidence du Parlement

25 avril 2018 à 16h39 par AFP

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La formation du président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a remporté mercredi la présidence et la vice-présidence du Parlement, malgré les protestations des députés de l'ex-parti au pouvoir, qui disposent d'une majorité relative à l'Assemblée, a constaté un correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, la Cour suprême n'a toujours pas fait connaître la date de sa décision sur le recours du candidat malheureux face à M. Bio le 31 mars, Samura Kamara, qui devrait intervenir au début du mois prochain.Le vote du Parlement, qui compte 132 députés élus au scrutin législatif du 7 mars, simultanément au premier tour de la présidentielle, et 14 "Paramount chiefs", des chefs traditionnels, s'est déroulé dans des conditions houleuses.En raison de contestations de leur élection, la justice a interdit cette semaine à 16 des 68 députés de l'APC, le parti de M. Kamara, et deux de celui de M. Bio, le SLPP, de siéger au Parlement, tant qu'elle ne se serait pas prononcée.Des députés de l'APC ont été sortis de l'hémicycle par la police.Au final, l'élection du président et du vice-président de l'Assemblée s'est tenue en l'absence de l'ensemble des députés de l'APC et de deux du SLPP.Le secrétaire général de l'APC, Alhaji Osman Foday Yansaneh, a dénoncé ces décisions judiciaires dans une déclaration à la presse sur place, y voyant une tentative d'empêcher les députés du parti de voter, afin "d'imposer au pays un président du Parlement issu du SLPP arrangeant" pour le pouvoir.Sans surprise, Chernor Abass Bundu, du parti de M. Bio, qui était le seul candidat, a été élu à la présidence, avec 71 voix sur les 76 présents, et Segepoh Thomas, également du SLPP, à la vice-présidence.Le député Kandeh Yumkella, chef d'un petit parti de création récente, qui était arrivé troisième de l'élection présidentielle le 7 mars, avec 6,9% des voix, a déploré l'intervention de la police, soulignant que 48 % des parlementaires n'avaient pu participer au vote.Les missions d'observateurs présentes lors des élections ont généralement salué le bon déroulement du scrutin et l'alternance dans cette ancienne colonie britannique d'Afrique de l'Ouest, ensanglantée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts.Une cérémonie officielle d'intronisation du nouveau président, qui a reçu les félicitations de la plupart des dirigeants internationaux, est prévue le 12 mai à Freetown.