Sierra Leone: libéré sous conditions, un ex-chef rebelle de retour au pays

23 décembre 2020 à 16h38 par AFP

AFRICA RADIO

Un ex-chef rebelle sierra-léonais condamné en 2009 à 25 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui purgeait sa peine au Rwanda est rentré mardi en Sierra Leone et a présenté ses excuses, comme le prévoyaient les termes de sa libération conditionnelle.

Ancien chef du Front révolutionnaire uni (RUF), Augustine Gbao, 72 ans, est "arrivé mardi dans sa communauté de Blama (est), où il purgera le reste de sa peine dans des conditions strictes et sous une étroite surveillance", a indiqué le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone, dans un communiqué reçu mercredi à Freetown.En Sierra Leone, pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, quelque 120.000 personnes sont mortes et des dizaines de milliers ont été mutilées en une décennie de guerre civile (1991-2001) marquée par toutes sortes d'atrocités.Le RUF régnait en terrorisant les populations civiles par des meurtres de masse, des viols en série et des mutilations.Augustine Gbao, présenté comme le principal idéologue du mouvement, purgeait sa peine à la prison de Mpanga, dans le sud du Rwanda.Il y avait été transféré en 2009 avec d'autres anciens chefs rebelles sierra-léonais, peu après avoir été condamné pour des actes notamment de terrorisme, d'extermination, de meurtre, de viol et d'esclavage sexuel.Le Tribunal résiduel, établi à La Haye, avait accepté en septembre sa demande de libération conditionnelle, estimant qu'il s'était "bien comporté" en prison et qu'il avait manifesté des remords.Avant de pouvoir rentrer au pays, il lui avait toutefois été imposé de "suivre une formation spécifique axée sur sa compréhension et son acceptation de la responsabilité du préjudice qu'il a infligé par ses crimes". Il devait également présenter des excuses publiques."Je suis profondément désolé et je présente mes excuses les plus sincères à tous les Sierra-Léonais qui ont souffert par la faute de mes actions et de mes négligences", a-t-il dans une courte vidéo enregistrée depuis sa prison au Rwanda, rendue publique mercredi par le Tribunal."Je souhaite exprimer mes sincères remords pour la douleur et le traumatisme que vous avez endurés pendant la guerre, et je me tiens hautement responsable de ne pas avoir agi", a-t-il ajouté.En Sierra Leone, il lui est interdit d'approcher des victimes ou leurs familles et d'intimider des personnes qui ont témoigné contre lui. Il doit également s'abstenir de toute activité politique et devra se présenter régulièrement à la police.