Soudan du Sud: hausse des violences et atteintes aux droits humains, selon l'ONU

Par AFP

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Les violences armées, les retards dans la mise en oeuvre de l'accord de paix et les atteintes aux droits se multiplient au Soudan du Sud à l'approche du 22 février, date-butoir pour la formation d'un gouvernement d'union nationale, a regretté vendredi une commission des droits humains de l'ONU.

"Nous avons observé une hausse des incidents de conflit armé, en particulier à Yei (sud), où les combats (...) créent une fois de plus de l'instabilité qui mène au déplacement de civils", a expliqué en conférence de presse à Juba, Andrew Clapham, l'un des trois membres de cette commission.Dans l'État de Maiwut (nord-est), "de récents combats entre des troupes pro-gouvernementales et la SPLA-IO (l'Armée de libération du peuple soudanais - En opposition, rébellion) ont provoqué le déplacement d'au moins 8.000 personnes, qui ont fui vers l'Éthiopie, apparemment comme réfugiés", a-t-il ajouté.De même, la mise en oeuvre de l'accord de paix signé en septembre 2018 à Addis Abeba reste ralentie par les dissensions sur les dispositions sécuritaires, en particulier concernant le cantonnement des combattants pro-gouvernementaux et rebelles, selon la commission.Dans le cadre de cet accord, la formation d'un gouvernement d'union nationale, initialement prévue en mai 2019, a été reportée une première fois au 12 novembre. Puis un nouveau délai, jusqu'au 22 février, a été accordé aux deux camps rivaux."Bien que le gouvernement du Soudan du Sud ait promis 100 millions de dollars pour soutenir le programme de cantonnement, moins de la moitié de ces fonds semblent avoir été débloqués", a indiqué M. Clapham."Certains des pays qui ont donné cet argent pour régler certains des problèmes liés au cantonnement ne savent pas comment ces fonds ont été utilisés", a-t-il souligné.La commission s'est également inquiétée des atteintes à la liberté d'expression et des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme.Les arrestations arbitraires et le recours à la torture à l'encontre des journalistes se poursuivent, a ainsi déploré un autre membre de la Commission, Barney Afako."Nous avons appris qu'ici à Juba, des femmes de la société civile sont suivies par des membres du service national de sécurité jusqu'à leur maison et approchées sans autre raison apparente que de les menacer, intimider et harceler", a-t-il ajouté.La commission sur le Soudan du Sud, mise en place en 2016 par le Conseil des droits humains de l'ONU, est chargée de rassembler des preuves qui pourraient être utilisées pour poursuivre en justice des auteurs d'atrocités.Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en 2013, deux ans après son indépendance du Soudan, lorsque le président Salva Kiir a accusé Riek Machar, son ex-vice-président de fomenter un coup d'État.Le conflit a fait plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.