Soudan du Sud: l'ONU envoie des troupes dans le sud, où la violence reprend

2 septembre 2020 à 13h12 par AFP

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La mission de maintien de la paix de l'ONU au Soudan du Sud a annoncé mercredi qu'elle allait déployer des troupes dans une région du sud du pays, frappée par une résurgence des violences par des groupes rebelles à l'encontre de civils et d'humanitaires.

L'envoi de Casques bleus pour créer une nouvelle base dans la région de l'Équateur central survient après plusieurs attaques cette semaine sur des convois humanitaires ayant coûté la vie à deux civils, et une embuscade fin août dans laquelle des gardes du corps d'un des cinq vice-présidents du pays ont été tués.Cette base sera établie à Lobonok, à environ 110 km au sud-est de la capitale Juba, dans une région où les combats entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles non signataires de l'accord de paix de 2018 se multiplient, a indiqué l'envoyé spécial de l'ONU, David Shearer."Cela nous permettra de fournir une présence protectrice dans la région", a déclaré le chef de la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), qui dispose de 14.000 soldats dans le pays.Cette nouvelle hausse des violences est imputée au Front national du salut (NAS), lancé par l'ancien général Thomas Cirillo Swaka en 2017 avec l'objectif de renverser le régime du président Salva Kiir.Le NAS a revendiqué l'embuscade près de Lobonok qui a coûté la vie aux six gardes du corps du vice-président James Wani Igga, lequel n'était pas à leurs côtés.Des membres du NAS seraient aussi à l'origine de l'attaque de mardi sur un convoi humanitaire, dans laquelle deux civils ont été tués et quatre blessés, ainsi que d'autres similaires ces derniers jours. Le NAS avait refusé de signer l'accord de paix de septembre 2018, qui a mené à la formation d'un gouvernement d'union nationale en mars 2020. Depuis, le Soudan du Sud se remet péniblement d'une guerre civile qui a fait en six ans plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.Des combats entre les troupes gouvernementales et des groupes rebelles réfractaires se poursuivent toutefois, notamment dans le sud.En février, M. Cirillo avait signé, en tant que membre de l'Alliance de l'opposition du Soudan du sud (SSOMA), un cessez-le-feu avec le gouvernement et accepté de laisser circuler l'aide humanitaire dans cette région qui en a grandement besoin.Mais récemment, les combats ont repris et le NAS a recommandé aux civils d'éviter les routes principales."Cette violence cause d'énormes tensions dans la région et met en danger la vie des civils", a averti M. Shearer, appelant chaque partie à respecter le cessez-le-feu.