Soudan: le pouvoir menace de poursuites les organisateurs des protestations

Par AFP

AFRICA RADIO

Les autorités soudanaises ont menacé jeudi de poursuivre les organisateurs des manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis près de deux mois, les accusant de menacer la sécurité nationale.

Cet avertissement intervient au lendemain de la première conférence de presse organisée par l'Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, qui a appelé à poursuivre le mouvement jusqu'à la chute du régime du président Omar el-Béchir."Le gouvernement lancera des poursuites contre ceux qui appellent à la violence, menacent la sécurité nationale et mettent le pays en danger", a déclaré le ministre d'Etat à l'Information, Maamoun Hassan, dans un communiqué."Le régime doit tomber, c'est notre objectif", avait déclaré Mohamed Youssef, un porte-parole de l'Association des professionnels lors d'une conférence de presse au siège du principal parti d'opposition Al-Oumma dans la ville d'Omdourman, jumelle de Khartoum.Il avait exclu toute négociation avec le gouvernement ou avec M. Béchir, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 1989.M. Youssef avait appelé les formations politiques et les militants à se joindre au mouvement de protestation en signant le "Document pour la liberté et le changement" qui expose selon lui les grandes lignes d'un plan de l'après-Béchir, incluant une refonte du système judiciaire et un arrêt du déclin économique du pays."Nous avons maintenant la confirmation que ce groupe pour la liberté et le changement appelle à la violence", a déclaré M. Hassan.Al-Oumma soutient le mouvement contre le gouvernement et a appelé mercredi à poursuivre "le soulèvement jusqu'à ce que le régime soit renversé".Miné par une profonde crise économique, le Soudan est secoué depuis le 19 décembre par des manifestations quasi quotidiennes déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.Ces rassemblements se sont transformés en un vaste mouvement de contestation d'Omar el-Béchir.Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) fait état de 51 morts.