Soudan: reprise de discussions entre le gouvernement et un groupe rebelle du sud du pays

Par AFP

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Le gouvernement de transition au Soudan a repris des négociations de paix mercredi avec un groupe rebelle du sud du pays non signataire d'un accord historique en octobre et qui réclame l'instauration d'un Etat laïc.

Le président du Conseil souverain, le général Abdel Fattah al-Burhan, et le Premier ministre Abdalla Hamdok ont participé à la reprise des discussions dans la capitale du Soudan du Sud, Juba avec le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-Nord).En mars, le gouvernement soudanais et le SPLM-Nord, implanté dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, avaient signé une "déclaration de principes", devant servir de base à des négociations de paix, prévoyant l'instauration d'un Etat laïc et "l'unification" des forces armées.Le président du Soudan du Sud Salva Kiir, médiateur des discussions, a appelé les deux parties à "faire preuve d'un esprit de dialogue et à faire en sorte de penser à la paix plutôt qu'à la guerre".Le chef du SPLM-Nord, Abdelaziz al-Hilu, a de son côté affirmé l'engagement de son mouvement "à une issue pacifique et à des négociations et mécanismes pour résoudre les causes profondes du conflit au Soudan".Le Kordofan-Sud et le Nil Bleu comptent des minorités chrétiennes qui ont combattu pendant des décennies les tentatives de Khartoum d'imposer la loi islamique.Le pouvoir composé de militaires et de civils mis en place après la révolte populaire qui a emporté en avril 2019 à Khartoum le pouvoir autoritaire d'Omar el-Béchir a fait de la paix avec les rebelles sa priorité.Il a signé le 3 octobre 2020 un accord historique avec le Front révolutionnaire du Soudan (FRS), alliance de cinq groupes rebelles et quatre mouvements politiques issus des régions du Darfour (Ouest), du Kordofan-Sud et du Nil Bleu (Sud).Une branche du Mouvement de libération du Soudan (MLS), dirigée par Abdelwahid Nour au Darfour, a refusé de signer. Le SPLM-Nord a, lui, signé un cessez-le-feu séparé, permettant à ses combattants de conserver leurs armes "pour assurer leur propre protection" jusqu'à ce que la Constitution soit amendée pour garantir la séparation de la religion et de l'Etat.