Soudans: l'ONU demande la fin des combats et menace de sanctions

2 mai 2012 à 19h51 par La rédaction


NEW YORK (Nations unies) (AFP) - (AFP)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution exigeant du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils cessent les hostilités dans les 48 heures et résolvent leurs différends en trois mois, sous peine de sanctions.

La résolution, déposée par les Etats-Unis et la France notamment, exige que les deux pays "reprennent les négociations sans condition" sous les auspices de l'Union africaine (UA) sur tous leurs différends, notamment le partage des revenus pétroliers et la délimitation de la frontière commune, dans les deux semaines, et les concluent dans un délai de trois mois.

Le Conseil suit en cela une décision prise le 24 avril par l'UA, qui avait appelé l'ONU à soutenir son action en vertu du chapitre 7 de sa Charte.Celui-ci prévoit des mesures coercitives pour faire appliquer une décision en cas de menace contre la paix.

La Russie et la Chine, qui achètent du pétrole aux deux Soudans, étaient réticents mais se sont finalement ralliés à la résolution.Tout en réaffirmant ses doutes sur les sanctions, l'ambassadeur chinois Li Baodong a déclaré avoir "pris en compte" l'initiative de l'UA et a appelé les deux Soudans à "rester sur le chemin de la paix".

La résolution exige que les deux pays "cessent immédiatement toutes les hostilités, y compris les bombardements aériens" et qu'ils "expriment formellement leur engagement à cet égard" auprès de l'UA et de l'ONU "dans un délai de 48 heures".

Ils doivent aussi ramener leurs forces armées de leur côté de la frontière et cesser de soutenir les groupes rebelles opérant sur le territoire de l'autre.

Dans les deux semaines, le Soudan et le Soudan du Sud devront retirer leurs forces de la région contestée d'Abyei.Ils devront "reprendre les négociations sans condition" sous les auspices de l'UA et les conclure "dans les trois mois", précise le texte.

Si l'un ou l'autre ne se conforme pas à la résolution, le Conseil "déclare compter prendre des mesures supplémentaires en vertu de l'article 41 de la Charte" de l'ONU.

Cet article 41 du Chapitre 7 de la Charte prévoit comme moyens de pression des sanctions économiques et la rupture des relations diplomatiques.

La résolution souligne à cet égard que "la situation actuelle le long de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud constitue une grave menace contre la paix et la sécurité internationales".

Selon l'ambassadrice américaine Susan Rice, les deux pays ont souvent "fait des promesses avant de les oublier" et seront jugés "à leur actes".Elle a rappelé que le conflit "est sur le point de dégénérer en une guerre ouverte et longue", ajoutant: "les combats doivent cesser et cesser immédiatement".

Pour le représentant permanent adjoint de la France, Martin Briens, la résolution "présente une voie claire de sortie de crise".

Le ministre d'Etat du Soudan du Sud, Deng Alor Kuol, a affirmé à la presse que son pays "prenait l'engagement solennel de respecter" les termes de la résolution.Il a appelé l'ONU à "mobiliser d'urgence une aide humanitaire en faveur de la population affectée par les bombardements aériens continus menés par le Soudan" sur le territoire sud-soudanais.

Selon l'ambassadeur soudanais Daffa-Alla Elhag Ali Osman, le conflit doit se régler "à l'intérieur du continent africain sous la direction de M. (Thabo) Mbaki", le médiateur de l'UA.La résolution, a-t-il dit, "ignore l'agression continue menée par le Soudan du Sud contre le Soudan" et ce dernier a le droit de repousser toute incursion sur son territoire.