Sud-Soudan: crise humanitaire après le référendum, selon le minitre des Affaires étrangères

Par La rédaction

JUBA (Soudan) (AFP)

Le Sud-Soudan doit se préparer à faire face à une "réelle" crise humanitaire peu importe l'issue du référendum d'indépendance de janvier, a averti jeudi son ministre des Affaires humanitaires, James Kok Ruea. 

"Les besoins seront énormes, nous aurons besoin de votre soutien.Nous devons être préparés", a déclaré M. Ruea dans une salle de conférence bondée de responsables de l'ONU et d'organisations humanitaires.

Les Sud-Soudanais doivent prendre part début janvier à un référendum au cours duquel ils auront à choisir entre leur indépendance ou le maintien de l'unité avec le reste du pays.

Le ministre a ébauché trois scénarios sur la situation humanitaire du Sud-Soudan après le référendum.Si l'option sécessionniste triomphe, le Sud devra se préparer à accueillir 1,5 million de sudistes vivant actuellement dans le nord du pays, a indiqué M. Ruea.

Si l'option unioniste remporte la mise, une grande partie des Sud-Soudanais favorables à la sécession réagiront peut-être avec colère."Il y aura de la déception qui mènera aussi à une crise.Les gens ne voudront pas être dans un système favorable à la marginalisation, à l'islamisation, à l'arabisation", selon lui.

Et si, troisième option, le référendum est interrompu, M. Ruea prévient des pires conséquences."Si le système islamique au nord décide d'interrompre la conduite pacifique du référendum, alors que va-t-il se passer?La situation sera tendue et cela mènera probablement à un retour de la guerre".

Le référendum est le point cardinal de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien, du Soudan, un conflit à l'origine de deux millions de morts.