Sud-Soudan: des milliers de civils fuient des combats rebelles-armée

23 avril 2011 à 14h39 par La rédaction

JUBA (AFP)

Des milliers de civils ont fui les violents combats entre les rebelles et l'armée sud-soudanaise dans l'Etat pétrolier d'Unité, au Sud-Soudan, a annoncé samedi un responsable sud-soudanais.

"Les combats ces derniers jours ont été féroces et la population a fui les violences pour se protéger", a déclaré Charles Machieng, commissaire du comté de Mayom, où se sont déroulés les affrontements les plus violents.

"Des estimations font état de 3.800 civils ayant fui, beaucoup de la ville de Mayom, leurs maisons ayant été détruites", a-t-il ajouté.

Les combats ont commencé mardi quand des rebelles, menés par Peter Gadet, un ancien général de l'armée sudiste, ont attaqué une position de l'armée dans le comté de Mayom.Les rebelles ont ensuite attaqué jeudi un campement à Mankien, dans le même comté.

Aucun bilan fiable des victimes n'est disponible.

M. Machieng a indiqué que des renforts de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) avaient repoussé vendredi les rebelles hors de la petite ville de Mankien.Mais, les rebelles ont affirmé être partis délibérément, soulignant que les combats étaient "loin d'être terminés".

Les rebelles avaient déjà menacé vendredi de lancer de nouvelles attaques, suscitant des inquiétudes quant à l'avenir de la production pétrolière de cette région après l'évacuation de 130 travailleurs du secteur.

Début avril, la faction de Gadet avait annoncé son intention de renverser le gouvernement sudiste, dénonçant la "corruption rampante" au plus haut niveau du SPLM, le parti au pouvoir.

De son côté, le SPLM accuse régulièrement Khartoum d'armer des milices dissidentes comme celle de Peter Gadet afin de déstabiliser le Sud-Soudan, qui doit devenir un pays indépendant en juillet.

Toujours au Sud-Soudan, dans l'Etat de Jonglei, des affrontements ont également eu lieu samedi près de Malakal, entre l'armée et des hommes qui seraient alliés à l'ancien chef milicien Gabriel Tang, selon un responsable du ministère de l'Information.

Selon l'Onu, la recrudescence des violences au Sud-Soudan a fait plus de 800 morts depuis janvier et fait près de 94.000 personnes déplacées.