Télécoms: l'Ouganda expulse un troisième haut responsable étranger de MTN

Par AFP

AFRICA RADIO

Les autorités ougandaises ont expulsé du pays une troisième personne occupant un poste à responsabilités au sein de la société de télécoms MTN Ouganda, une Italienne accusée d'"incitation à la violence", a annoncé jeudi la police.

"Décision a été prise de déporter Elsa Muzzolini, et elle a quitté le pays" mercredi, a déclaré à l'AFP Fred Enanga, un porte-parole de la police ougandaise."Elle a été interrogée sur des questions d'incitation à la violence lorsqu'elle travaillait chez MTN", a ajouté la même source, sans donner plus de détails sur ces allégations.Un message envoyé par Mme Muzzolini à ses collègues a été publié dans la presse locale et son contenu confirmé à l'AFP par MTN Ouganda : "Je suis déportée ce soir, la principale allégation étant que j'ai envoyé de l'argent à Bobi Wine", un des principaux opposants au président ougandais Yoweri Museveni.Mme Muzzolini dirige le département des transferts d'argent par téléphone mobile de MTN Ouganda, filiale du groupe sud-africain MTN.Elle est le troisième haut responsable de MTN Ouganda expulsé ces derniers jours. Mardi, la police avait annoncé les expulsions du Français Olivier Prentout, directeur marketing de MTN Ouganda, et de la Rwandaise Annie Bilenge Tabura, directrice des ventes et de la distribution.Les autorités avaient affirmé que M. Prentout et Mme Bilenge souhaitaient "compromettre la sécurité nationale", sans fournir plus de détails sur cette allégation.M. Museveni a indiqué jeudi sur Twitter avoir rencontré à Davos le directeur exécutif du groupe sud-africain MTN Rob Shuter, et l'avoir mis en garde contre des fraudes dans le secteur des télécoms, consistant à ne pas déclarer tous les appels passés par les utilisateurs et visant à "priver le gouvernement de certains revenus".En juillet 2018, MTN Ouganda avait dit avoir été la cible d'une perquisition menée par des personnes affirmant appartenir aux services de renseignements ougandais.La société de télécoms avait à l'époque qualifié cette action de "criminelle" et soutenu que deux de ses contractants avaient été "kidnappés" par ces hommes, et forcés à leur fournir l'accès au principal centre de données de MTN Ouganda.gm-ndy/sd