Zambie: la bataille pour la présidence rebondit devant la justice

Par La rédaction

Lusaka (AFP)

La bataille de succession ouverte en Zambie depuis la mort du président Michael Sata s'est durcie jeudi, un ancien ministre saisissant la justice pour tenter d'empêcher Guy Scott d'assurer l'intérim présidentiel jusqu'aux élections anticipées.

La requête émane de l'ancien ministre de l'Education Newton Nguni, qui conteste la promotion de M. Scott, vice-président de M. Sata depuis 2011, et estime que l'intérim devait revenir à un rival, le ministre de la Défense et de la Justice Edgar Lungu.

Juste avant de partir pour Londres où il est mort à l'hôpital, M. Sata avait confié à M. Lungu le soin de gérer les affaires courantes en son absence.

Selon les documents transmis au tribunal par M. Nguni, M. Lungu a été forcé de transmettre le pouvoir à la mort de M. Sata "sous la menace d'être poursuivi pour trahison, lui et d'autres collègues du gouvernement, s'il ne s'exécutait pas".

M. Lungu, qui est secrétaire général du Front patriotique, le parti porté au pouvoir en 2011 par M. Sata, est au centre de cette querelle de succession.

M. Scott, 70 ans, un Zambien blanc d'origine écossaise, doit conduire le pays et ses 15 millions d'habitants à des élections législatives anticipées d'ici fin janvier.

Le Front patriotique doit choisir son candidat pour ce scrutin.La semaine dernière, le pays a frôlé l'émeute à Lusaka quand M. Scott a limogé M. Lungu de son poste de secrétaire général du parti, avant de faire marche arrière. 

M. Sata a été enterré mardi à Lusaka, en présence de plusieurs chefs d'Etat de la région, et de la présidente de la commission de l'Union africaine, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, qui a appelé de ses voeux "une transition en douceur".