Entre élections contestées, coups d’État et transitions militaires, l’année 2025 aura été tumultueuse pour la démocratie en Afrique. Plusieurs pays ont vu la réélection de dirigeants historiques, l’installation durable de militaires au pouvoir et des violences politiques inédites, laissant planer de fortes incertitudes pour 2026. Gilles Yabi revient sur l’année politique mouvementée sur le continent africain, et les perspectives pour 2026.
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Des scrutins sous tension et peu d’alternance
En 2025, une dizaine d’élections présidentielles ont eu lieu sur le continent, souvent marquées par la contestation ou l’absence d’alternance réelle. Au Cameroun, le président Paul Biya, 92 ans, a été réélu pour un huitième mandat consécutif, provoquant d’importantes manifestations malgré la victoire annoncée. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, 83 ans, a été reconduit pour un quatrième mandat dans un scrutin où les principaux opposants étaient absents.
En Tanzanie, la présidente Samia Suluhu Hassan a remporté 98 % des voix, dans un contexte de violence sans précédent qui a coûté la vie à plus d’un millier de personnes selon l’opposition.
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Transitions militaires converties en régimes durables
Plusieurs pays ont vu les transitions militaires se transformer en gouvernements pérennes. En Guinée, le général Mamadi Doumbouya a réussi à transformer quatre années de transition en reconnaissance politique. Au Gabon, le général Oligui Nguema, qui a renversé la dynastie Bongo, a été élu avec près de 95 % des suffrages.
D’autres situations ont été plus conflictuelles : en Guinée-Bissau, les militaires ont renversé le président sortant, interrompant la publication des résultats de l’élection. Au Bénin, une tentative de coup d’État a été déjouée, tandis qu’à Madagascar, le président démis par la rue a été remplacé par un militaire.
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— Yabi Gilles (@YabiGilles) December 14, 2025
Une Afrique de plus en plus militarisée
Au total, huit pays du continent sont désormais dirigés par des groupes issus de l’armée, un signe de la « banalisation de la loi du plus fort » selon plusieurs analystes. Cette tendance souligne les fragilités institutionnelles et la difficulté de consolider des démocraties stables face aux enjeux politiques, économiques et sécuritaires.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Alors que plusieurs scrutins importants se profilent en 2026 — notamment au Bénin, à Djibouti et au Congo — la vigilance reste de mise. La stabilité démocratique reste fragile, et la communauté internationale s’interroge sur la capacité des institutions africaines à garantir des transitions pacifiques et transparentes, dans un contexte où le pouvoir militaire et les longues présidences semblent se renforcer.
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