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Présidentielle en Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra réélu avec 76,15% des voix

Actus. Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle avec 76,15% des suffrages, selon des résultats provisoires annoncés par l’Autorité nationale des élections (ANE) lundi soir. Une victoire largement contestée par l’opposition, dans un pays toujours marqué par l’instabilité politique et sécuritaire.

Présidentielle en Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra réélu avec 76,15% des voix
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra - Wikimedia Commons

Une large victoire contestée 

Le président sortant Faustin-Archange Touadéra a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 avec 76,15% des voix, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi l’Autorité nationale des élections (ANE) lors d’une cérémonie officielle à Bangui.  Son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé, arrive en deuxième position avec 14,66% des suffrages, tandis que l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra obtient 3,19%.  
Le taux de participation s’est établi à 52,43% pour ce quadruple scrutin combinant présidentielle, législatives, régionales et municipales. Ces résultats restent provisoires et doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel à la mi-janvier, après l’examen d’éventuels recours.

Accusations de fraude et tensions politiques 
  

L’annonce des résultats a ravivé les tensions politiques. Anicet-Georges Dologuélé a revendiqué sa victoire dès vendredi, dénonçant de « graves irrégularités » dans le déroulement du scrutin. Henri-Marie Dondra a, de son côté, appelé avant même la proclamation officielle à une « annulation pure et simple des scrutins », accusant l’ANE d’« incapacité » à organiser les élections. Le camp présidentiel a rejeté ces accusations. Le porte-parole de Faustin-Archange Touadéra a qualifié les allégations de fraude de « fausses » et mis en garde contre les risques de « troubles ». Une partie de l’opposition, qui avait boycotté le vote, dénonce une « mascarade électorale » et accuse les institutions électorales et judiciaires d’être inféodées au pouvoir en place.

Des élections jugées « apaisées » par l’Union africaine 

À l’inverse, les observateurs de l’Union africaine (UA) ont salué le déroulement du scrutin. Ils ont évoqué des « élections apaisées » et une « marche en avant vers la démocratie ». Selon la délégation de l’UA, ces élections ont respecté les procédures légales en vigueur et se sont nettement améliorées par rapport aux scrutins de 2016 et 2020, ce dernier ayant été entaché de soupçons de fraude. 

Touadéra, « candidat de la stabilité » 

Réélu pour un nouveau mandat, Faustin-Archange Touadéra s’était présenté comme le « candidat de la stabilité » dans un pays marqué par des décennies de coups d’État, de conflits armés et de régimes autoritaires depuis son indépendance en 1960. Selon plusieurs analystes, l’État centrafricain contrôle aujourd’hui près de 90% du territoire, contre seulement 20% en 2021, lorsque de vastes zones étaient aux mains de groupes armés. Cette amélioration sécuritaire a notamment permis la tenue du scrutin. 

Une stabilité encore fragile 

Malgré ces avancées, la situation reste précaire. Près de 71% des 5,5 millions de Centrafricains vivent toujours sous le seuil de pauvreté. Le pays souffre d’un manque criant de services de base, d’infrastructures routières dégradées, d’un chômage endémique et d’un coût de la vie en hausse. L’insécurité persiste également dans certaines régions, notamment à l’est, à la frontière avec les deux Soudans, et au nord-ouest du pays. 

A lire aussi : Présidentielle en Centrafrique. L'Union africaine évoque des "élections apaisées", l'opposition dénonce une "mascarade"

Un scrutin sous haute sécurité 

La sécurisation des élections a été assurée grâce à la présence de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), ainsi que par environ 2.000 paramilitaires russes du groupe Wagner, déployés à la demande du président Touadéra. Lors de la précédente présidentielle, une coalition de six groupes rebelles avait tenté de renverser le pouvoir, avant d’être repoussée grâce à l’intervention de Wagner et de l’armée rwandaise. Cette année, les autorités affirment que les accords de paix signés avec plusieurs groupes armés ont contribué à un climat électoral plus calme. 

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