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Ouganda : Amnesty International dénonce une "brutale campagne de répression" à l’approche de la présidentielle

Actus. À dix jours de l’élection présidentielle du 15 janvier, Amnesty International accuse, lundi 05 janvier, les autorités ougandaises de mener une vaste campagne de répression contre l’opposition. Arrestations arbitraires, violences policières et risques de coupure d’internet viendraient, selon l’ONG, entraver gravement le processus électoral.

Ouganda : Amnesty International dénonce une "brutale campagne de répression" à l’approche de la présidentielle
Le président ougandais, Yoweri Museveni - Wikimedia commons

Arrestations arbitraires et violences contre l’opposition 

Dans un rapport publié lundi, Amnesty International affirme que les forces de sécurité ougandaises ont eu recours à la torture, aux arrestations arbitraires et à des violences répétées afin d’intimider l’opposition politique à l’approche du scrutin. 
L’ONG indique avoir réuni des éléments montrant que des partisans de la Plateforme d’unité nationale (NUP), le parti de l’opposant Bobi Wine, ont été frappés et dispersés à coups de gaz lacrymogènes lors de rassemblements politiques. Fin novembre, un membre du NUP a par ailleurs été tué par la police lors d’un meeting, selon Amnesty. 

Museveni face à Bobi Wine, un duel sous haute tension

Le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis 1986, brigue un nouveau mandat le 15 janvier. Il affronte notamment Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, 43 ans, ancien chanteur devenu figure centrale de l’opposition. Déjà candidat en 2021, Bobi Wine avait dénoncé une élection « mascarade », affirmant disposer de preuves de fraudes massives. La précédente campagne avait été marquée par des dizaines de morts et une coupure totale d’internet le jour du scrutin.

Près de 400 arrestations en quelques mois 

Selon Amnesty International, environ 400 personnes ont été arrêtées ces derniers mois pour leur soutien présumé au NUP. Elles sont poursuivies pour des accusations telles que dommages à la propriété ou incitation à la violence, que l’ONG juge politiquement motivées. « Les autorités ont lancé une campagne brutale de répression contre l’opposition et ses partisans, rendant extrêmement difficile l’exercice des droits à la liberté d’association et de réunion pacifique », a dénoncé Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe.

Craintes d’une nouvelle coupure d’internet 

À l’approche du scrutin, les défenseurs des droits humains redoutent une nouvelle coupure d’internet, destinée à empêcher la diffusion d’informations sur d’éventuelles fraudes électorales ou violences. En décembre, le gouvernement ougandais a restreint l’importation de Starlink et d’autres équipements d’internet par satellite. Début janvier, le service de l’entreprise américaine aurait été désactivé dans le pays, selon un courrier partagé sur les réseaux sociaux, dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité. 

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Bobi Wine interpelle Elon Musk 

Dimanche soir, Bobi Wine a appelé sur le réseau social X Elon Musk, propriétaire de Starlink, à « réactiver » le système en Ouganda. L’opposant estime que l’accès à internet est crucial pour garantir la transparence du scrutin et la sécurité de ses partisans. À ce stade, les autorités ougandaises n’ont pas officiellement répondu aux accusations d’Amnesty International. 

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