Zimbabwe: appel à la grève des infirmiers en pleine pandémie

Par AFP

AFRICA RADIO

Le principal syndicat des infirmiers du Zimbabwe a appelé lundi ses adhérents à cesser "immédiatement" le travail pour protester contre leurs "salaires d'esclaves", en pleine pandémie de nouveau coronavirus.

Compte tenu de la dévaluation de la monnaie locale, le dollar zimbabwéen, "la majorité des infirmiers gagnent (l'équivalent de) 30 à 40 dollars" américains (de 26 à 35 euros environ) par mois, explique le syndicat (Zina), soit environ 1 dollar américain par jour.Un tiers des infirmiers gagne 1.000 dollars zimbabwéens, de quoi acheter seulement "2 litres d'huile, 2 kilos de sucre, 2 litres de boisson, 2 kilos de riz et 2 miches de pain", détaille le Zina dans un communiqué."Les salaires que nous gagnons sont si maigres qu'ils s'apparentent à des salaires d'esclaves", estime-t-il. "Si on travaille et qu'on ne peut toujours pas s'offrir les produits de base, autant être au chômage".Le Zimbabwe est plongé depuis le début des années 2000 dans une grave crise économique et financière.Après un relatif répit il y a une décennie, la situation a de nouveau empiré depuis deux ans avec le retour des pénuries en tout genre (liquidités, carburants, denrées de base, électricité...), sur fond d'inflation galopante et de dépréciation du dollar zimbabwéen.La devise nationale a tellement chuté que la bourse du Zimbabwe a suspendu lundi ses opérations en raison de spéculations.L'appel à la grève des infirmiers intervient en pleine pandémie de Covid-19. A ce jour, plus de 500 cas et 6 décès ont été enregistrés dans ce pays d'Afrique australe au système de santé à l'agonie.