Zimbabwe: Mugabe appelle à rejeter la violence avant les élections

20 août 2011 à 16h28 par La rédaction

HARARE (AFP) - (AFP)

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a appelé samedi la classe politique à renoncer à la violence à l'approche des élections dont la date fait encore l'objet d'un litige entre le président et son Premier ministre.

"S'il vous plaît, pas de violence, pas de violence, pas de violence.Etablissons la paix dans notre pays", a déclaré M. Mugabe à l'enterrement de Solomon Mujuru, un des dirigeants historiques du pays, mort mardi dans un incendie à 62 ans et dont l'épouse, Joyce Mujuru, est vice-présidente.

"Nous sommes très heureux qu'au cours de ces derniers mois notre pays ait connu une paix remarquable (...) Nous nous entendons tous, le Premier ministre (Morgan) Tsvangirai et le vice-Premier ministre (Arthur) Mutambara.Que cela continue jusqu'aux élections", a-t-il affirmé.

"Si vous voulez de moi, je suis là", a poursuivi le président Mugabe devant les milliers de personnes assistant aux funérailles.

Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara ainsi que plusieurs ministres et responsables de la défense de pays voisins assistaient également aux funérailles.

Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai ont signé en 2009 un accord de gouvernement après des violences post-électorales sanglantes qui avaient laissé le pays au bord du gouffre.

Amnesty International a accusé les forces de sécurité, proches de Mugabe, de complicité dans la vague de violences qui a frappé au début de l'année les militants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le mouvement du Premier ministre Tsvangirai.

L'accord entre les deux dirigeants fonctionne difficilement.Le chef de l'Etat souhaite organiser des élections avant la fin de l'année pour y mettre un terme.Morgan Tsvangirai veut des réformes, et notamment une nouvelle Constitution, avant que les Zimbabwéens aillent à nouveau aux urnes.

Lors de son discours, le chef de l'Etat, 87 ans, a regretté l'ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures du Zimbabwe.

"C'est pourquoi nous continuons à dire aux Britanniques et à leurs alliés les Américains: laissez-nous tranquilles.Partez de chez nous.Nous sommes une nation indépendante et souveraine", a-t-il lancé.