Zimbabwe: un juge proche du pouvoir maintenu à la tête de la Cour constitutionnelle

Par AFP

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Jugé favorable au président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, de plus en plus accusé de vouloir museler toute opinion dissidente, le président de la Cour constitutionnelle, Luke Malaba, qui devait légalement prendre sa retraite, a vu mercredi son mandat prolongé sur décision du chef de l'Etat.

Sur la base d'un rapport médical prouvant, à 70 ans, l'"aptitude mentale et physique" de M. Malaba à continuer à exercer ses fonctions, le président zimbabwéen a prolongé de cinq ans le mandat du chef de la plus haute juridiction du pays, dans une lettre adressée au juge et rendue publique.La semaine dernière, M. Mnangagwa avait fait adopter une modification de la Constitution du pays supprimant notamment l'obligation pour les juges de prendre leur retraite à l'âge de 70 ans. Selon l'opposition, cette manoeuvre vise à consolider la mainmise du pouvoir sur le système judiciaire, deux ans avant la prochaine présidentielle.Le juge Malaba est connu et critiqué pour avoir rejeté une demande de l'opposition d'annuler les résultats de la présidentielle de 2018, pour des soupçons de fraudes qui auraient joué en faveur d'Emmerson Mnangagwa. Ce dernier a succédé à Robert Mugabe, qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant 37 ans."Le président actuel est allé bien au-delà de ce que faisait Mugabe", estime le défenseur des droits de l'Homme Lovemore Madhuku, selon qui le pouvoir dans le pays est aux mains "d'une seule personne".Dans une déclaration à l'AFP, Alex Magaisa, professeur zimbabwéen de droit, les deux hommes "renforcent mutuellement leurs positions afin de consolider leur pouvoir" respectif.