Pour le FMI, il est "prématuré" de prendre des décisions concernant le Soudan

Par AFP

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Le Fonds monétaire international, qui avait annoncé fin juin des aides massives en faveur du Soudan, a estimé mardi qu'il était "prématuré" de prendre une décision sur l'avenir de ce soutien après le renversement du gouvernement civil par les militaires.

"Il est prématuré de commenter les implications des récents événements au Soudan, mais nous suivons attentivement les développements", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'institution. Fin juin, le conseil d'administration du Fonds avait approuvé une aide de 2,47 milliards de dollars sur trois ans et trois mois. Et en échange de réformes drastiques dont la suppression de subventions sur les carburants, il avait aussi trouvé un accord pour alléger la dette du pays de 50 milliards sur environ trois ans, soit quelque 90% de la dette totale du Soudan. Au moment de l'annonce, Carol Baker, la responsable de mission du Fonds en charge du Soudan, avait indiqué que le processus d'allègement de la dette était "irrévocable" mais elle avait souligné que la vitesse à laquelle la dette serait effacée dépendrait des autorités. Le chef de l'armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane a dissous lundi les autorités de transition. Le Premier ministre Abdallah Hamdok et la quasi-totalité des dirigeants civils ont été arrêtés, lors d'un putsch qui s'est déroulé quelques heures seulement après le départ du Soudan de l'émissaire des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique Jeffrey Feltman. Les Etats-Unis ont annoncé dès lundi la suspension de 700 millions de dollars d'aide à Khartoum. Et mardi, l'Union européenne a menacé de suspendre son soutien financier si les militaires ne rendaient pas le pouvoir immédiatement. Sollicitée par l'AFP, la Banque mondiale n'était pas immédiatement disponible pour indiquer si elle pourrait suspendre ou non son aide en faveur de Khartoum. Le Soudan est plongé dans une crise économique profonde, après avoir subi pendant des années des sanctions américaines et connu une gestion critiquée sous le règne autoritaire d'Omar el-Béchir, renversé en avril 2019 sous la pression populaire. Les aides internationales avaient suscité l'espoir d'une amélioration.