Une université sud-africaine expulse un étudiant qui avait uriné sur les affaires d'un camarade noir

AFRICA RADIO

21 juillet 2022 à 19h36 par AFP

Une grande université sud-africaine a annoncé jeudi l'expulsion d'un étudiant blanc qui avait été filmé il y a deux mois en train d'uriner sur les livres et l'ordinateur portable d'un étudiant noir, suscitant l'indignation en Afrique du Sud.

La prestigieuse université de Stellenbosch, dans la région du Cap (sud) a indiqué dans un communiqué que la procédure disciplinaire avait conclu "qu'il n'y a pas d'autre alternative" que d'"expulser" l'étudiant de premier cycle, Theuns du Toit. "L'université a une tolérance zéro vis-à-vis du racisme, de la discrimination, des préjugés et des comportements qui portent atteinte à la dignité d'une autre personne", a déclaré le vice-chancelier adjoint Deresh Ramjugernath dans le communiqué. L'humiliation de l'étudiant noir en mai a suscité l'indignation dans un pays toujours aux prises avec de profondes divisions 28 ans après la fin du règne de la minorité blanche. Le président Cyril Ramaphosa a déclaré que cette affaire montrait que le racisme gâchait toujours "la vie quotidienne en Afrique du Sud". La bréve vidéo devenue virale montre un étudiant blanc de première année en train d'uriner sur les livres et l'ordinateur portable d'un collègue noir tout en s'exprimant dans un anglais teinté de fort accent afrikaans. Dans cette brève vidéo tournée avec un téléphone mobile, on voit l'étudiant blanc de dos trois-quarts. Un étudiant hors-champ lui demande "pourquoi tu pisses dans ma chambre?". Le jeune homme aux cheveux bruns ras, blouson à capuche beige, répond laconiquement "j'attends quelqu'un", sans interrompre ce qu'il fait. Selon un syndicat étudiant, la victime dormait "quand il a entendu du bruit dans sa chambre". "Quand il s'est réveillé, le garçon blanc raciste était en train d'uriner sur son bureau, ses livres et son ordinateur portable" et lorsqu'il l'a interrogé, "la réponse raciste a été que c'est ce qu'on fait aux garçons noirs", a déclaré le Congrès des étudiants sud-africains dans un communiqué. Le ministre de la Justice Ronald Lamola a estimé que cet incident équivalait "à uriner sur la Constitution elle-même". Cette Constitution a cimenté la transition, loin du régime de la suprématie blanche, et est souvent présentée comme un modèle de valeurs démocratiques - même si la mise en oeuvre de ces valeurs reste un travail toujours en cours.