32 ONG de Tunisie dénoncent le coup d'Etat militaire "brutal" au Soudan

Par AFP

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Trente-deux ONG de Tunisie, d'où étaient parties en 2011 les révoltes du Printemps arabe, ont exprimé jeudi leur solidarité avec la "résistance pacifique" du peuple soudanais face au coup d'Etat militaire "brutal".

Lundi, le général Abdel Fattah al-Burhane, désormais seul aux commandes de ce pays pauvre d'Afrique de l'est plongé dans le marasme politique et miné par les conflits, a dissous le gouvernement censé assurer la transition vers la démocratie et arrêté plusieurs ministres et hauts responsables civils. Ce coup d'Etat a provoqué des manifestations quotidiennes principalement dans la capitale Khartoum, émaillées de violences qui ont coûté la vie depuis lundi à au moins sept manifestants, selon les services de médecine légale. Les ONG tunisiennes, dont la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'Homme, ont condamné "vivement ce coup d'Etat militaire qui vise à confisquer le droit du peuple soudanais à être libéré de la tyrannie et à le ramener par la force à l'ère des coups d'Etat militaires". Elles ont aussi dénoncé "les désastres" causés par ces coups d'Etat et "les crimes commis par leurs chefs de file, le gaspillage par ces derniers des ressources naturelles et humaines du Soudan, leur commercialisation de la souveraineté de leur pays". Ces associations ont appelé à "la libération des membres du conseil souverain, des ministres, des hommes politiques et des militants de la société civile arrêtés par les militaires". Elles ont aussi appelé les Nations unies à adopter la même position que l'Union africaine qui a refusé de reconnaître le gouvernement issu du coup d'Etat, "qui ne se conforme pas au droit international et aux normes internationales en matière de droits de l'Homme". Jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé à la junte au Soudan "de rétablir un gouvernement de transition dirigé par des civils" en exprimant sa "vive préoccupation face à la prise de pouvoir militaire", dans une déclaration unanime mais en deçà de la ferme condamnation du coup d'Etat la veille par l'Union africaine. En Tunisie, le président Kais Saied, élu démocratiquement fin 2019, s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet, en invoquant un péril imminent pour le pays alors plongé dans une grave crise sanitaire et bloqué sur le plan politique. Officiellement, il a pris des "mesures exceptionnelles" et transitoires mais ses décisions ont été dénoncées comme un "coup d'Etat" par ses opposants.