L'Ethiopie a officiellement lancé samedi la construction d'un nouvel aéroport international à Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Addis Abeba, appelé à devenir la principale plateforme aéroportuaire d'Afrique et à rivaliser au niveau mondial, a annoncé le Premier ministre Abiy Ahmed.
L'infrastructure devrait coûter environ 12,7 milliards de dollars (quelque 11 milliards d'euros) et être capable d'accueillir 60 millions de passagers annuels à l'issue la première phase de travaux et, à terme, quelque 110 millions de passagers chaque année, soit plus que l'aéroport d'Atlanta en 2024, actuellement le plus fréquenté au monde.
Ce futur "hub" aéroportuaire, notamment financé par Ethiopian Airlines, la compagnie aérienne nationale éthiopienne, remplacera pour les liaisons internationales l'actuel aéroport de Bole, situé en plein coeur de la capitale et d'une capacité d'environ 25 millions de passagers annuels.
- Lire aussi : Transport aérien : la CEDEAO adopte des mesures pour rendre les voyages plus abordables
Ethiopian Airlines, 100% publique, est la première compagnie africaine en terme de flotte et de passagers et se flatte d'être une des rares bénéficiaires sur le continent. M. Abiy, accompagné de plusieurs ministres, a "officiellement lancé la construction de l'aéroport lors d'une cérémonie d'inauguration des travaux sur le site" de Bishoftu, a annoncé sur X le chef de l'exécutif éthiopien. Les travaux doivent durer cinq ans.
Ce projet "placera l'Ethiopie parmi les principaux hubs aériens mondiaux", s'est-il félicité. En plus de l'aéroport, le "projet comprend également la construction d'une autoroute moderne à plusieurs voies reliant le nouvel aéroport à Addis Abeba, ainsi qu'une ligne ferroviaire à grande vitesse de 38 kilomètres pouvant atteindre (...) 120 à 200 km/h", a poursuivi M. Abiy.
La construction du futur aéroport a entraîné le déplacement de 2500 fermiers, qui ont été relogés
Le projet de Bishoftu a déjà obtenu un engagement de financement de 500 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD) et les autorités sont en discussion avec la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII, initiée par Pékin), la Banque européenne d'investissement (BEI), et la DFC, l'Agence américaine de financement du développement international. Le pays souhaite attirer les touristes étrangers, malgré des conflits armés toujours en cours dans les deux régions les plus plus peuplées, en Oromia, où se trouve Bishoftu, et en Amhara.
Ce futur aéroport, qui doit s'étendre sur quelque 35 km2, a déjà entraîné le déplacement de 2.500 fermiers qui ont été "relogés" l'année dernière pour 350 millions de dollars, avait expliqué en novembre le directeur général d'Ethiopian Airlines, Mesfin Tasew Bekele.
L'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent avec quelque 130 millions d'habitants, a lancé ces dernières années de grands projets d'infrastructures. Le plus grand barrage du continent a été inauguré l'année dernière et de vastes rénovations urbaines (qui comprennent notamment l'élargissement des rues) sont en cours à Addis Abeba et dans les grandes villes du pays.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.