L’ONU a publié mardi 20 janvier un rapport détaillant la situation mondiale en matière d’eau. L’organisation y déclare l’état de "faillite hydrique", marquant le dépassement de la "crise de l’eau". Cela intervient dans un contexte de réchauffement climatique et sur fond de catastrophes naturelles frappant notamment le continent africain, où l’accès à l’eau demeure un sujet central.
Un nouveau marqueur critique
Dans son rapport, l’ONU invite à abandonner le terme de "crise de l’eau", utilisé jusqu’ici par les scientifiques depuis plusieurs décennies. "Le mot 'crise' suggère quelque chose de temporaire : un choc, une urgence, puis un retour à la normale. Or, dans de nombreux bassins, l’ancien normal a déjà disparu", affirme Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude.
La "faillite hydrique" évoquée dans le rapport fait référence à un "état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables, et où le capital naturel – nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers – est endommagé de manière irréversible ou à un coût prohibitif", détaille le document. L’ONU affirme que l’humanité aurait épuisé le "revenu hydrologique" de la planète, et qu’elle aurait désormais "entamé ses économies". "Ce n’est pas pour tuer l’espoir, mais pour encourager l’action", a expliqué Kaveh Madani. "Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain", a-t-il ajouté.
L’Afrique : une des premières zones mise en cause
L’ONU publiait, le jeudi 4 décembre, un rapport nommé "Afrique du Nord et Proche-Orient : une plongée inquiétante dans la fournaise". Dans celui-ci, l’organisation alerte de l’intensification des vagues de chaleur et autres épisodes naturels extrêmes. "Depuis 1981, les vagues de chaleur n’ont cessé de s’allonger et de s’intensifier, au point que plusieurs pays ont franchi en 2024 le seuil des 50°C", indique la publication. Cette hausse des températures entraîne également "une aggravation des sécheresses dans une zone déjà parmi les plus touchées par le stress hydrique", avertit l’ONU.
L'eau au coeur du sommet de l'UA
Ce rapport tombe à l’aube d’une nouvelle édition du Sommet de l’Union Africaine (UA), qui se tiendra les samedi 14 et dimanche 15 février. En amont du sommet, la 51ᵉ session ordinaire du Comité des représentants permanents de l’UA a eu lieu à Addis-Abeba le lundi 12 janvier. Lors de cette dernière, le président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf a réitéré l’importance de l’accès à l’eau dans les discussions. “Le thème de cette année s’articule autour de l’eau (...) Un choix judicieux pour donner suite au sommet africain sur le climat de septembre 2025 et la tenue de la COP30 au Brésil en novembre 2025", a-t-il affirmé.
Le rapport du mardi 20 janvier définit les prochaines conférences de l’ONU sur l’eau, en 2026 et 2028 ; la fin de la Décennie de l’eau et l’échéance 2030 des objectifs de développement durable comme "une fenêtre critique pour « réinitialiser l’agenda mondial de l’eau »".
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