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Ouganda : l’opposant Bobi Wine en fuite après l’élection, accusé de “terrorisme” par le pouvoir

Actus. L’opposant ougandais Bobi Wine, figure majeure de la contestation contre le président Yoweri Museveni, a affirmé ce mercredi 21 janvier n’avoir commis aucun crime après avoir pris la fuite à la suite des élections présidentielle et législatives de la semaine dernière. Accusé de “terrorisme” par le chef de l’État et son fils, chef de l’armée, l’ancien chanteur devenu homme politique dénonce une répression violente de l’opposition dans un contexte de scrutin largement critiqué par des observateurs et des ONG.

Ouganda : l’opposant Bobi Wine en fuite après l’élection, accusé de “terrorisme” par le pouvoir
L’opposant ougandais Bobi Wine, figure majeure de la contestation contre le président Yoweri Museveni,

"Je ne suis pas un criminel", s'est défendu mercredi l'opposant Bobi Wine, en fuite depuis les élections de la semaine dernière en Ouganda, après que le président réélu Yoweri Museveni et son fils, le chef de l'armée Muhoozi Kainerugaba ont qualifié les membres de l'opposition de "terroristes".

L'ancien chanteur de raggamuffin Bobi Wine (de son vrai nom Robert Kyagulanyi), 43 ans, qui a connu détention et torture lors des élections de 2021, a pris la fuite après un raid des forces de sécurité sur son domicile jeudi, jour des élections présidentielle et législatives dont il a dénoncé des résultats "truqués".

"Je prie pour que Kabobi soit le 23ème"

"Je suis un candidat à la présidence et ce n'est pas un crime de concourir contre son père", a indiqué M. Wine à l'AFP par téléphone, se référant à des posts sur X de Muhoozi Kainerugaba, dans lesquels celui-ci indiquait vouloir sa mort. "Nous avons tué 22 terroristes de la NUP (la Plateforme d'unité nationale, le parti de l'opposant Bobi Wine, NDLR).

Je prie pour que Kabobi (le surnom qu'il lui a donné) soit le 23ème", avait écrit lundi soir le fils du chef de l'Etat dans une suite de messages qu'il a depuis effacés. "Il est criminel de la part de l'armée qu'elle prenne à sa charge des élections, (...) qu'elle tue des gens et menace les vies de nos dirigeants politiques", a réagi Bobi Wine. "Ca c'est criminel. Lui agit comme un criminel, c'est un criminel, mais pas nous."

"La police passe devant moi chaque jour"

L'opposant a indiqué à l'AFP se cacher depuis lors "dans les bas-fonds" du pays, où il est protégé "par des gens ordinaires". "La police passe devant moi chaque jour", a-t-il ironisé. Interrogé sur son avenir, et sur celui de son parti, Bobi Wine a reconnu ne pas avoir de plan établi. "Dans une dictature, vous ne mettez pas en place une stratégie, mais vous répondez à l'oppression", a-t-il commenté.

Le résultat du scrutin a été critiqué par des observateurs et des ONG, qui ont notamment pointé le blocage d'internet pendant plusieurs jours et la répression de l'opposition. Ex-guérillero âgé de 81 ans, Yoweri Museveni, qui contrôle l'appareil électoral et sécuritaire, a remporté un septième mandat consécutif avec 71,65% des suffrages, contre 24,72% pour Bobi Wine.

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