VO / Listen to John Caulker
Dimanche dernier a marqué la première Journée nationale d’hommage aux victimes et aux survivants de la guerre civile, qui a fait près de 120 000 morts, et le président Julius Maada Bio a demandé pardon aux victimes et aux survivants. Comment ce geste a-t-il été accueilli par les sierra-léonais?
Ce geste a été une surprise, car il intervient 24 ans après la fin officielle de la guerre, et environ 20 ans après que la Commission vérité et réconciliation a achevé ses travaux et formulé cette recommandation précise. La Commission recommandait que le gouvernement instaure une Journée nationale du souvenir. Donc, 24 ans plus tard, cela a été une grande surprise.
Mais, en tant que nation, nous avons accueilli favorablement cette annonce. C’est vraiment positif qu’il y ait pensé, d’autant plus que le président actuel de la Sierra Leone était soldat et a combattu pendant la guerre.
Même si cela a pris du temps, la Sierra Leone est vraiment heureuse, et nous voyons cela comme une première étape majeure vers la mise en œuvre complète des recommandations de la Commission. Ce n’est qu’un début.
La guerre civile s’est terminée en 2002. Dans quelle mesure continue-t-elle de hanter les esprits aujourd’hui ?
Pour la plupart d’entre nous qui avons vécu la guerre ou en avons été témoins, elle continue de nous affecter. Nous voyons encore certaines causes profondes à l’œuvre, et beaucoup d’entre nous craignent que cela puisse se reproduire.
Les facteurs qui ont conduit à la guerre sont toujours présents dans le pays. Mais il y a aussi une grande partie de la population, notamment les jeunes, qui n’ont aucune expérience de la guerre et n’en savent presque rien. Cette annonce les aide à comprendre ce qui s’est passé. Nous l’utilisons à la fois comme un outil de sensibilisation et d’éducation du public sur la guerre, et pour affirmer : « plus jamais ça ».
Cette période de l’histoire est-elle enseignée à l’école ?
Nous avons élaboré des supports pédagogiques, une version du rapport de la Commission adaptée aux lycées, en partenariat avec le ministère de l’Éducation. Mais ces documents n’ont jamais été diffusés ni utilisés dans les écoles. Ce sont là les prochaines étapes.
Nous voyons donc cette déclaration comme un premier pas, car idéalement, les jeunes doivent comprendre ce qui a mal tourné, les causes profondes de la guerre et les recommandations de la Commission. Il existe des clubs scolaires, mais ce n’est pas suffisant.
Il faut une volonté politique pour rendre cela officiel et l’intégrer aux programmes scolaires.
Par ailleurs, il y a les blessés de guerre : environ 3 000 amputés et blessés vivent dans le pays. Beaucoup sont en train de mourir, et ils méritent de bénéficier du programme de réparations, qui a été interrompu brutalement. Nous pensons que tout cela doit aller de pair avec la déclaration de la Journée nationale du souvenir.
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