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Soudan : les paramilitaires dissimulent leurs massacres au Darfour dans des fosses communes, selon la CPI

Actus. Les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires en guerre contre l’armée soudanaise, ont commis des massacres au Darfour et tenté de cacher les victimes dans des fosses communes, a dénoncé lundi 19 janvier, la procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI). Près de trois ans de conflit ont déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes.

Soudan : les paramilitaires dissimulent leurs massacres au Darfour dans des fosses communes, selon la CPI
Les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires en guerre contre l’armée soudanaise - Wikimedia Commons

Des crimes de guerre et crimes contre l’humanité documentés 

Depuis avril 2023, le Soudan est secoué par un conflit meurtrier opposant l’armée aux FSR. Lors de la prise de contrôle d’El-Facher au Darfour par les paramilitaires en octobre, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont été commis, selon la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan. Les enquêtes en cours ont mis en évidence des massacres et des tentatives de dissimulation, avec l’aménagement de fosses communes pour cacher les victimes. Des images analysées par la CPI montrent également des paramilitaires célébrant des exécutions et profanant des corps. « Le tableau qui se dessine est effroyable », a-t-elle alerté devant le Conseil de sécurité de l’ONU, rappelant les atrocités d’El-Geneina, où jusqu’à 15.000 civils, principalement de l’ethnie Massalit, ont été tués.

Une campagne ciblée contre les communautés non arabes 
  

Les FSR ont mené une campagne organisée et calculée contre les tribus non arabes du Darfour — Fours, Massalit, Bartis et Zaghawa — exposant les habitants à tortures collectives et massacres. La procureure a insisté sur le fait que ces violences continueront tant que le sentiment d’impunité ne sera pas stoppé. Elle a également renouvelé son appel aux autorités soudanaises pour coopérer à l’arrestation de personnalités visées par des mandats d’arrêt internationaux, dont l’ancien président Omar el-Béchir et l’ex-ministre de la Défense Abdul Raheem Mohamed Hussein. 

Priorité à l’arrestation d’Ahmed Haroun 

Ahmed Haroun, ancien président du parti au pouvoir, est recherché depuis 2007 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, liés au recrutement de la milice Janjawid, ancêtre des FSR. Évadé de prison en 2023, il se montre désormais publiquement en soutien à l’armée. La procureure adjointe de la CPI a souligné que l’arrestation de M. Haroun est une priorité pour mettre fin à l’impunité dans la région. 

A lire aussi : Soudan. "La population a enduré horreurs et enfer", s'indigne l'ONU

Une crise humanitaire majeure 

Le conflit au Darfour et plus largement au Soudan a provoqué une destruction massive et un déplacement de populations sans précédent, avec plus de 11 millions de personnes déracinées, faisant de cette situation la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. La CPI continue de documenter les crimes et appelle la communauté internationale à agir rapidement pour prévenir de nouvelles atrocités et assurer la justice pour les victimes. 

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