Le gouvernement américain a annoncé la suspension de l’octroi de visas d’immigration pour 75 pays à partir du 21 janvier, dont de nombreux États africains. Pour Boubacar Seye, président de l’ONG Horizon sans frontières, cette mesure est « injuste, discriminatoire et contreproductive », aux lourdes conséquences humaines, académiques et économiques.
Boubacar Seye : "Entrer aux Etats-Unis n'est pas un privilège"
« Une stigmatisation de l’Afrique »
Consultant-chercheur en migration internationale et président de l’ONG Horizon sans frontières, créée en 2006, Boubacar Seye critique vivement la décision américaine de suspendre les visas d’immigration pour des ressortissants de nombreux pays africains. « La restriction des visas américains pour plusieurs Africains est une décision injuste et discriminatoire. Elle est même contreproductive », affirme-t-il. Selon lui, cette mesure pénalise avant tout « des citoyens respectueux des règles, étudiants, chercheurs, entrepreneurs », tout en affaiblissant les dynamiques humaines et économiques.
À compter du 21 janvier 2026, le @StateDept suspend toute délivrance de visas aux demandeurs de visa d’immigrant qui sont ressortissants de 75 pays.
— USA en Français (@USAenFrancais) January 16, 2026
📡 Notre porte-parole Phillip Assis revient sur les détails de cette suspension.
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En traitant l’Afrique comme un ensemble homogène « à risque », les États-Unis « envoient un signal de fermeture et de stigmatisation », estime-t-il. « La mobilité est légale, c’est un droit qui doit être encadré et pas criminalisé. “ Entrer aux États-Unis n’est pas un privilège », insiste-t-il, appelant à privilégier « le dialogue et la coopération plutôt que l’exclusion ».
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Étudiants, familles, chercheurs : une mesure aux effets globaux
Pour Boubacar Seye, l’impact de cette décision dépasse largement la seule question migratoire. « Cette décision touche tout le monde : des étudiants, des familles, des chercheurs », souligne-t-il, rappelant que « tout le monde migre aujourd’hui » dans un contexte d’interdépendance et de mondialisation. « Une telle décision freine beaucoup de choses », ajoute-t-il, évoquant des projets d’études interrompus, des regroupements familiaux compromis et des parcours professionnels brutalement bloqués.
Des répercussions économiques et académiques pour l’Afrique
Selon le président d’Horizon sans frontières, les conséquences pour les pays africains concernés pourraient être durables. « Cette décision américaine aura beaucoup de répercussions », avertit-il. Elle risque notamment de « compliquer les échanges académiques, culturels et universitaires avec les États-Unis », limitant les opportunités pour les étudiants, chercheurs et entrepreneurs africains. À cela s’ajoute le risque d’un ralentissement des investissements américains et de la coopération économique.
Boubacar Seye alerte également sur un possible effet de déplacement des flux migratoires. « Cela va pousser les Africains à se diriger vers d’autres destinations », explique-t-il, citant l’Europe, les pays arabes ou d’autres régions du monde comme alternatives potentielles.
Les restrictions de visas imposées par l'administration Trump appellent à une reaction collective: les pays affectés doivent protester auprés de la FIFA pour exiger le retrait de l'organisation du Mondial aux Etats Unis . pic.twitter.com/N4EJ7Mjhrc
— Boubacar Seye (@Boubacarseye66) December 18, 2025
Une réponse collective et diplomatique attendue
Face à cette situation, Boubacar Seye plaide pour une réaction concertée des pays africains concernés. « La réponse la plus efficace reste collective, diplomatique et stratégique, afin d’éviter l’isolement », affirme-t-il. Il avance également une piste inattendue mais symboliquement forte : la Coupe du monde de football organisée aux États-Unis. « À quelques mois du Mondial, ces mesures soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect des principes d’ouverture, d’inclusion et de diversité qui fondent les compétitions internationales », estime-t-il. Selon lui, les pays concernés seraient « légitimes à saisir officiellement la Fifa afin de demander un réexamen de l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde aux États-Unis ». Une démarche qui viserait à obtenir une réponse « à la hauteur de l’affront » et à rouvrir un espace de dialogue.
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