Le statut de protection temporaire supprimé
Les services fédéraux de l’immigration ont annoncé mardi que les ressortissants somaliens bénéficiant du statut de protection temporaire devront quitter les États-Unis avant le 17 mars. « Notre message est clair. Retournez dans votre pays ou nous vous y renverrons nous-mêmes », a déclaré le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sur le réseau social X. Près de 4 000 personnes sont directement concernées par cette décision, qui met fin à un dispositif accordé aux ressortissants de pays touchés par des conflits armés ou des catastrophes naturelles.
Le Minnesota, épicentre de l’offensive anti-immigration
La mesure intervient dans un contexte de forte tension au Minnesota, qui abrite la plus importante communauté somalienne des États-Unis, estimée à environ 80 000 personnes. Depuis plusieurs semaines, la police fédérale de l’immigration (ICE) y mène des opérations d’envergure, particulièrement à Minneapolis. Ces interventions ont déjà conduit à près de 2 000 arrestations, selon les autorités fédérales, et sont dénoncées par les élus démocrates locaux comme excessives et ciblant une communauté spécifique.
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Une mort qui embrase le pays
Mercredi dernier, Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans, a été abattue par un agent de l’ICE alors qu’elle participait à une action visant à perturber une opération de la police fédérale. Sa mort a déclenché des manifestations dans plusieurs villes du pays. Donald Trump a immédiatement défendu la thèse de la légitime défense de l’agent impliqué, une version contestée par l’opposition démocrate du Minnesota, qui s’appuie sur des vidéos diffusées en ligne. Les Nations unies ont exigé mardi l’ouverture d’une enquête « rapide, indépendante et transparente ».
It's indefensible for Trump, Vance, and Noem to spread conspiracies about the woman murdered by ICE in Minneapolis.
— Rep. Ilhan Omar (@Ilhan) January 11, 2026
We saw it happen with our own eyes.
Renee Nicole Good should be alive. pic.twitter.com/Uk7Vjou7Ys
Des États démocrates contre l’administration Trump
Face à ces opérations, le Minnesota et la ville de Minneapolis ont annoncé poursuivre l’administration Trump en justice. L’Illinois, autre État dirigé par les démocrates et également visé par des opérations de l’ICE, notamment à Chicago, a engagé une procédure similaire. Ces recours judiciaires illustrent l’affrontement croissant entre la Maison-Blanche et les États démocrates sur la politique migratoire.
La Somalie jugée « plus sûre » par Washington
Pour justifier la suppression du TPS, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a affirmé que « la situation en Somalie s’est améliorée » et que permettre aux ressortissants somaliens de rester aux États-Unis serait « contraire aux intérêts nationaux ». Une position en contradiction avec les évaluations internationales : ravagée par plus de trois décennies de guerre, la Somalie figure parmi les pays les moins avancés du monde selon l’ONU. Le département d’État américain déconseille formellement tout voyage dans le pays en raison des risques de terrorisme, d’enlèvements et de violences.
Les États-Unis sont profondément préoccupés par des informations selon lesquelles des responsables du gouvernement fédéral somalien auraient détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (@WFP_FR) financé par les États-Unis, et saisi illégalement 76 tonnes d’aide… pic.twitter.com/NXZQqVq4Z5
— USA en Français (@USAenFrancais) January 8, 2026
Une affaire de fraude aux lourdes ramifications
L’offensive de l’administration Trump s’appuie sur une vaste affaire de fraude aux aides publiques révélée en 2022. Selon la ministre de la Justice Pam Bondi, 98 personnes ont été inculpées, dont 85 d’origine somalienne. Plus de 300 millions de dollars auraient été détournés dans un système de subventions destinées à financer des repas gratuits pour des enfants, souvent jamais distribués. À ce stade, plus de soixante personnes ont été reconnues coupables.
Discours politique et accusations de « vengeance »
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a accusé les dirigeants démocrates du Minnesota de chercher à détourner l’attention de cette affaire de fraude. « Le jour du jugement et de la vengeance arrive ! », a-t-il écrit, dans un message virulent.
Les élus républicains et le procureur fédéral chargé du dossier reprochent aux autorités locales d’avoir ignoré de nombreux signaux d’alerte. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, colistier de Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024, rejette fermement ces accusations.
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