Un appel présidentiel lors du Conseil des ministres
Lors du Conseil des ministres du 11 janvier à Alger, présidé par Abdelmadjid Tebboune, le chef de l’État a décidé de permettre aux jeunes Algériens en situation précaire et irrégulière à l’étranger de rentrer au pays sans être poursuivis. L’information a été rapportée par l’Agence de presse algérienne (APS), citant un communiqué officiel. Selon ce texte, même les jeunes « ayant été induits en erreur » ou « instrumentalisés contre leur pays » pourront bénéficier de cette mesure, à condition de signer un engagement à ne pas récidiver. Les consulats algériens à l’étranger seront chargés de mettre en œuvre les procédures jusqu’au retour des intéressés en Algérie.
Le #président_de_la_République régularise les jeunes Algériens à l’étranger, salués par les partis
— Algérie Presse Service وكالة الأنباء الجزائرية (@Algerie_aps) January 12, 2026
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Une régularisation conditionnelle et encadrée
Les autorités précisent que cette disposition concerne uniquement les Algériens n’ayant commis « aucune infraction majeure » dans les pays hôtes. Le communiqué du Conseil des ministres assure que ces migrants « pourront rentrer sans craintes » et bénéficier d’un traitement administratif adapté à leur situation.
En revanche, la mesure exclut explicitement les personnes impliquées dans des « crimes de sang », le trafic de drogue ou d’armes, ainsi que celles ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie.
Un discours axé sur la vulnérabilité des jeunes migrants
L’APS met en avant la dimension sociale et humanitaire de la décision. Les autorités algériennes décrivent ces jeunes comme vivant loin de leur patrie et de leurs familles, confrontés à une pauvreté extrême et contraints d’exécuter des tâches jugées humiliantes. Le communiqué évoque également des migrants « instrumentalisés » par des réseaux criminels mafieux ou par des acteurs cherchant à nuire à l’Algérie, justifiant ainsi l’appel présidentiel au retour.
Une loi toujours en vigueur contre la migration clandestine
Cette annonce marque un infléchissement notable par rapport à la législation en vigueur. Depuis 2009, la loi algérienne punit en effet les migrants clandestins de retour au pays. Ceux interceptés en mer encourent jusqu’à six mois de prison et des amendes, une disposition régulièrement critiquée par les ONG de défense des droits humains. La portée réelle de la mesure annoncée dépendra donc de sa mise en œuvre concrète et de son articulation avec ce cadre juridique existant.
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Des implications diplomatiques, notamment avec la France
Alger ne cite aucun pays en particulier, mais la France abrite la plus importante communauté algérienne à l’étranger. Les relations entre Paris et Alger sont régulièrement tendues autour de la question migratoire, la France se heurtant fréquemment au refus algérien de reprendre ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).
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