Une présidentielle sous haute tension
Environ 20 millions d’électeurs sont appelés aux urnes jeudi en Ouganda pour des élections présidentielle et législatives cruciales. Le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis quarante ans, brigue un septième mandat consécutif. Grâce à son contrôle étroit de l’appareil d’État et des forces de sécurité, le chef de l’État apparaît largement favori, selon les observateurs. Le scrutin se déroule toutefois dans un climat particulièrement tendu.
Bobi Wine prêt à appeler à la mobilisation populaire
Principal rival du président sortant, le chanteur devenu homme politique Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, se présente pour la deuxième fois à l’élection présidentielle. Sa première candidature, en 2021, avait été marquée par une violente répression et de nombreuses accusations de fraude. « Si le général Museveni truque les élections, nous appellerons à manifester », a déclaré Bobi Wine lundi à l’AFP depuis son domicile à Kampala. « Nous avons dit à la population de ne pas attendre nos instructions », a-t-il ajouté, appelant à une vigilance citoyenne généralisée.
Our last day of campaigns finds us in BUSIRO EAST and NANSANA MUNICIPALITY constituencies. #ANewUgandaNow pic.twitter.com/lG0ie1XoNN
— BOBI WINE (@HEBobiwine) January 13, 2026
Un climat de répression dénoncé par l’ONU et les ONG
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé vendredi un processus électoral se déroulant « dans un climat marqué par une répression et une intimidation généralisées ». Selon Amnesty International, au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés ces derniers mois. L’opposant affirme s’attendre à une réponse violente du pouvoir en cas de contestation. « Je sais que le gouvernement du général Museveni répond à tout par la violence », a-t-il déclaré, tout en défendant une stratégie de résistance pacifique.
Fellow Ugandans, especially the Bazzukulu, good morning. Today, we conclude our campaign with the final rally at Kololo, carrying the NRM message of unity, stability, and progress. Join us as we protect the gains together. pic.twitter.com/HridXKwi8U
— Yoweri K Museveni (@KagutaMuseveni) January 13, 2026
L’opposant favorable à une aide internationale
Interrogé sur une possible intervention américaine contre Yoweri Museveni, sur le modèle de l’action menée par Washington au Venezuela, Bobi Wine s’est montré ouvert à cette perspective. « Oui, je le souhaiterais », a-t-il affirmé, tout en précisant que l’aide extérieure ne devait pas se transformer en prise de contrôle du pays.
« La responsabilité de libérer notre pays incombe entièrement au peuple ougandais », a-t-il insisté.
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Un soutien populaire massif dans les rues de Kampala
Lundi, des milliers de sympathisants ont accueilli Bobi Wine lors de l’un de ses derniers meetings électoraux à Kampala. Malgré une pluie torrentielle et un important dispositif sécuritaire, la foule, majoritairement composée de jeunes, est restée mobilisée sans incident. « Bobi est notre Jésus », ont scandé certains partisans. « Nous avons besoin d’un nouvel Ouganda, sans corruption, avec la liberté et l’emploi pour tous », a témoigné un sympathisant, tandis qu’une commerçante affirmait vouloir voter pour « un nouvel Ouganda ».
Sous les acclamations, Bobi Wine a lancé à ses partisans : « Si le Parlement refuse de venir dans le ghetto, le ghetto viendra au Parlement. Museveni n’est pas l’un des vôtres. Moi, je suis vous et vous êtes moi. »
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