Des pluies jamais vues depuis 1950
Depuis lundi soir, de fortes pluies s’abattent sans discontinuer sur Tunis et plusieurs régions du pays. Selon l’Institut national de la météorologie (INM), certaines zones ont enregistré des volumes de précipitations exceptionnels pour un mois de janvier. « Nous avons relevé des quantités de pluie inédites depuis 1950 dans des régions comme Monastir, Nabeul et le Grand Tunis », a indiqué à l’AFP Abderazak Rahal, directeur des prévisions à l’INM. À Sidi Bou Saïd, en banlieue nord de la capitale, 206 millimètres de pluie sont tombés, tandis que la ville de Sayada a enregistré jusqu’à 250 millimètres en quelques heures.
Tunisie : Ces routes sont toujours bloquées https://t.co/zkenGhqwrl #Tunisie
— webdo (@webdo_tn) January 21, 2026
Quatre morts dans le gouvernorat de Monastir
Le bilan humain s’est alourdi mardi avec la mort de quatre personnes à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, selon la Protection civile. Parmi les victimes figure une femme d’une quarantaine d’années, emportée par les eaux, a précisé le directeur régional de la Protection civile, Abderraouf Marouani. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des rues transformées en torrents, avec des voitures à moitié submergées et des habitants tentant de se déplacer dans une eau atteignant parfois les portières des véhicules.
Une capitale paralysée
À Tunis, les intempéries ont provoqué de vastes inondations dans plusieurs quartiers. « La pluie est tombée toute la nuit, elle ne s’est pas arrêtée. En sortant de mon lit, je me suis retrouvé les pieds dans l’eau », témoigne Mostafa Riyahi, un habitant de la capitale dont le domicile a été inondé. Les transports publics et privés ont été fortement perturbés, voire totalement interrompus dans certains secteurs. La section locale de l’Ordre des avocats a annoncé la suspension des audiences dans les tribunaux du Grand Tunis, tandis que de nombreux commerces ont fermé leurs portes.
Écoles et universités fermées dans une grande partie du pays
Face à l’ampleur de la situation, la présidence du gouvernement a annoncé la suspension des cours mercredi dans les établissements scolaires et universitaires, publics et privés, dans 15 des 24 gouvernorats du pays. L’armée, membre de la commission nationale de lutte contre les catastrophes naturelles, a été mobilisée pour participer aux opérations de secours, selon une source du ministère de la Défense.
Des infrastructures mises en cause
Si l’intensité des pluies est exceptionnelle, les inondations récurrentes soulignent les faiblesses structurelles du pays. Les réseaux de drainage et d’évacuation des eaux pluviales sont souvent vétustes, sous-dimensionnés ou mal entretenus, en particulier dans les zones urbaines en forte expansion. L’urbanisation rapide, parfois anarchique, a réduit les surfaces perméables et accentué le ruissellement. À cela s’ajoute l’encombrement des canalisations par les déchets, qui entrave l’écoulement de l’eau lors des fortes précipitations.
A lire aussi : Crues meurtrières au Maroc : 37 morts dans une « journée noire » à Safi sur la côte atlantique
Entre sécheresse et dérèglement climatique
Ces pluies diluviennes surviennent après plusieurs années de sécheresse marquée en Tunisie, aggravée par le changement climatique. Le pays connaît un stress hydrique sévère, avec une baisse importante des réserves dans les barrages, affectant l’agriculture et l’accès à l’eau potable, notamment durant l’été. Dans la région, les intempéries ont également touché l’Algérie voisine. Les autorités algériennes ont annoncé la découverte du corps d’un homme d’environ 60 ans près de l’oued Safa, à Relizane, gonflé par des pluies torrentielles.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.