Amazonie: le Brésil agira, même seul, contre la déforestation, assure une proche de Lula

AFRICA RADIO

12 novembre 2022 à 16h21 par AFP

Le Brésil renforcera la protection de l'Amazonie sans conditionner ses actions à l'aide internationale, a déclaré l'ancienne ministre de l'Environnement Marina Silva, membre de l'équipe du président élu Luiz Inacio Lula da Silva, samedi à la COP27.

Mme Silva, pressentie pour reprendre ce ministère, a qualifié cette lutte de "priorité stratégique" après quatre ans de gouvernement Bolsonaro marqués par une forte augmentation de la déforestation et des incendies dans la plus grande forêt tropicale de la planète. Lors d'une rencontre avec la presse à Charm el-Cheikh (Egypte), où se tient la COP27 et où le président élu Lula est attendu la semaine prochaine, elle a estimé que le Brésil montrera "l'exemple" à l'échelle mondiale en poursuivant un objectif de reforestation de 12 millions d'hectares. Mme Silva a estimé que la visite de Lula, attendu mardi à Charm el-Cheikh alors qu'il ne prendra ses fonctions que le 1er janvier, démontrera que "le Brésil est en train de regagner son rang de partenaire pour l'environnement dans le système multilatéral". Elle a assuré que le pays agira "par ses propres moyens" pour combattre la déforestation, sans conditionner ses efforts à une reprise de l'aide internationale, suspendue par de nombreux pays en raison des politiques du président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro qui a favorisé l'agro-industrie au détriment de la forêt amazonienne. Mme Silva s'est néanmoins félicitée que la Norvège et l'Allemagne aient annoncé, à la suite de la victoire de Lula, être prêtes à reprendre leur soutien financier, coupé en 2019 peu après l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, et a indiqué que le Brésil rechercherait des partenaires supplémentaires. Elle a insisté sur la nécessité de créer une structure spécifique pour coordonner l'action climatique entre les différents ministères du futur gouvernement. L'Amazonie est le plus grand puits de carbone au monde, primordial pour lutter contre le changement climatique, mais est désormais très fragilisé et, selon une étude en mars, approche plus rapidement que prévu d'un "point de bascule" qui pourrait la transformer en savane.