Amnesty: l'invasion russe en Ukraine, une "répétition" de la guerre en Syrie

AFRICA RADIO

28 mars 2022 à 23h21 par AFP

L'invasion russe en Ukraine est une "répétition" de la Syrie avec une "multiplication des crimes de guerre" depuis plus d'un mois de conflit, a alerté Amnesty international lors de la présentation mardi à Johannesburg de son rapport 2021-2022.

"Ce qui se passe en Ukraine est la répétition de ce qu'on a pu voir en Syrie", a déclaré à l'AFP la secrétaire générale de l'ONG, Agnès Callamard. "Nous sommes dans des attaques intentionnelles d'infrastructures civiles, d'habitations", des bombardements d'écoles, a-t-elle fustigé, accusant la Russie de permettre des couloirs humanitaires pour les transformer en un "piège mortel". "Nos chercheurs sur place pendant dix jours ont documenté l'emploi des mêmes tactiques qu'en Syrie et Tchétchénie", dont des attaques visant des civils et l'emploi de munitions interdites par le droit international, a renchéri lors d'une conférence de presse parallèle à Paris, Marie Struthers, directrice d'Amnesty Europe de l'Est et Asie centrale. S'adressant à la vingtaine d'Etats africains qui début mars, lors du vote d'une résolution de l'ONU demandant le retrait des forces russes, ont préféré s'abstenir, l'organisation a martelé que "face à la Russie, il ne peut pas y avoir de neutralité". Après plus de deux ans de pandémie de Covid, Amnesty dénonce par ailleurs dans son rapport les attaques contre les droits de l'homme au prétexte de lutter contre la propagation du virus. "Aux quatre coins du monde, des États ont empêché et dispersé abusivement des manifestations, parfois sous couvert de la réglementation visant à prévenir la propagation du coronavirus", notamment au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Tchad. Des lois restreignant les libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique ont été introduites dans au moins 67 des 154 pays observés. Parmi eux, le Cambodge, l'Égypte, les États-Unis, le Pakistan et la Turquie. Le virus a tué plus de six millions de personnes depuis son apparition en Chine fin 2019, selon l'OMS. Avec l'avancée de la vaccination, de nombreux pays abaissent progressivement les restrictions sanitaires.