Cameroun: des violences communautaires ont fait au moins 44 tués en deux semaines, selon l'ONU

Par AFP

AFRICA RADIO

Au moins 44 personnes ont été tuées et 111 blessées depuis deux semaines dans la région camerounaise de l'Extrême-Nord, en proie à des violences communautaires qui ont fait fuir plus de 100.000 personnes, indique le HCR dans un communiqué obtenu lundi.

Le 10 décembre, un premier bilan publié par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) de ces affrontements qui opposent depuis le 5 décembre pêcheurs et bergers dans le département camerounais du Logone-et-Chari, faisait état de 22 morts et d'une trentaine de blessés. Dans son dernier communiqué en date, le HCR "estime que plus de 85.000 personnes ont fui au Tchad voisin ces derniers jours" et que quelque 15.000 Camerounais ont trouvé refuge à l'intérieur de leur pays. Le nombre de personnes contraintes de fuir les violences "pourrait être bien plus élevé", selon le HCR. Selon l'agence onusienne, la quasi-totalité de ceux qui arrivent au Tchad sont des femmes et des enfants. Environ 48.000 personnes ont trouvé refuge près de la capitale tchadienne N'Djamena. Au cours des affrontements entre pêcheurs et bergers, au moins 112 villages camerounais ont été réduits en cendres. "Les réfugiés ont urgemment besoin d'abris, de couvertures, de nattes et de kits hygiéniques", selon le HCR. "Certains sont généreusement accueillis par des communautés locales, mais la majorité dorment dehors ou à l'ombre des arbres". Même si des forces de sécurité ont été déployées dans l'Extrême-Nord du Cameroun, et "bien que peu d'incidents aient été signalés au cours de la semaine dernière, la tension reste vive" entre les communautés, met en garde l'ONU. Le Tchad, pays d'Afrique centrale d'environ 17 millions d'habitants, abrite sur son territoire un million de réfugiés et de déplacés internes. En août, 45 personnes avaient déjà été tuées et plusieurs dizaines blessées dans des affrontements entre pêcheurs et bergers dans l'Extrême-Nord du Cameroun. Plus de 20.000 Camerounais avaient alors trouvé refuge au Tchad et 8.500 ne sont toujours pas rentrés chez eux, selon le HCR. Les affrontements entre ces deux communautés sont liés à des différends au sujet de l'accès à l'eau et de sa gestion, selon les autorités. Selon les Nations Unies, les violences entre communautés pourraient s'exacerber dans les années à venir en raison du réchauffement climatique "qui exacerbe la compétition pour les ressources, notamment l'eau".