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Soudan : l’OMS alarmée par la détention forcée de soignants et de milliers de civils à Nyala

Actus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé, mardi 16 décembre, sa vive inquiétude après des informations faisant état de la détention forcée de plus de 70 professionnels de santé et d’environ 5.000 civils à Nyala, dans le sud-ouest du Soudan. L’agence onusienne appelle à leur libération immédiate, dans un contexte de conflit et d’insécurité persistants.

Soudan : l’OMS alarmée par la détention forcée de soignants et de milliers de civils à Nyala
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus - OMS

Des conditions de détention jugées alarmantes 

Selon les informations relayées par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, les personnes détenues seraient maintenues « à l’étroit dans des conditions insalubres », favorisant l’apparition d’épidémies. Ces données proviennent notamment du Réseau des médecins soudanais, qui alerte depuis plusieurs semaines sur la dégradation rapide de la situation humanitaire à Nyala, capitale de l’État du Darfour-Sud. 
L’OMS affirme être en train de recueillir et de vérifier davantage d’informations sur ces détentions, tout en soulignant que la persistance de l’insécurité rend le travail d’évaluation extrêmement difficile sur le terrain.

Nyala, au cœur des affrontements 
  

Nyala est sous l’influence des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire en conflit ouvert avec l’armée régulière soudanaise depuis avril 2023. Les FSR se sont récemment alliées à une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, consolidant leur présence dans cette région stratégique du Darfour. Cette alliance et la poursuite des combats ont aggravé la situation des civils, déjà durement touchés par des années de violences, de déplacements forcés et de pénuries de services essentiels. 
L’OMS appelle à la protection des civils et des soignants 
« Les détentions signalées de soignants et de milliers d’autres personnes sont profondément préoccupantes », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelant que les personnels de santé et les civils doivent être protégés « en tout temps » conformément au droit international humanitaire. L’OMS appelle à leur libération immédiate et sans condition. Si l’organisation recense et vérifie les attaques contre les services de santé, elle précise ne pas en attribuer les responsabilités, estimant que cela ne relève pas de son mandat. 

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Des attaques répétées contre le système de santé 

Depuis le début de l’année, l’OMS a recensé 65 attaques contre les services de santé au Soudan. Ces violences ont fait 1.620 morts et 276 blessés. Parmi ces attaques, 54 ont visé le personnel soignant, 46 ont touché des établissements de santé et 33 ont concerné des patients. Ces chiffres illustrent l’effondrement progressif du système de santé soudanais, pris au piège d’un conflit qui continue de faire payer un lourd tribut aux civils et aux travailleurs humanitaires. 

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