Des conditions de détention jugées alarmantes
Selon les informations relayées par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, les personnes détenues seraient maintenues « à l’étroit dans des conditions insalubres », favorisant l’apparition d’épidémies. Ces données proviennent notamment du Réseau des médecins soudanais, qui alerte depuis plusieurs semaines sur la dégradation rapide de la situation humanitaire à Nyala, capitale de l’État du Darfour-Sud.
L’OMS affirme être en train de recueillir et de vérifier davantage d’informations sur ces détentions, tout en soulignant que la persistance de l’insécurité rend le travail d’évaluation extrêmement difficile sur le terrain.
We are concerned by reports from Nyala, the capital of Sudan’s South Darfur state, that more than 70 healthcare workers are being forcibly detained along with about 5000 civilians.
— Tedros Adhanom Ghebreyesus (@DrTedros) December 16, 2025
According to the Sudan Doctors Network, the detainees are being held in cramped and unhealthy… pic.twitter.com/oLUSvP5ihj
Nyala, au cœur des affrontements
Nyala est sous l’influence des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire en conflit ouvert avec l’armée régulière soudanaise depuis avril 2023. Les FSR se sont récemment alliées à une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, consolidant leur présence dans cette région stratégique du Darfour. Cette alliance et la poursuite des combats ont aggravé la situation des civils, déjà durement touchés par des années de violences, de déplacements forcés et de pénuries de services essentiels.
L’OMS appelle à la protection des civils et des soignants
« Les détentions signalées de soignants et de milliers d’autres personnes sont profondément préoccupantes », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelant que les personnels de santé et les civils doivent être protégés « en tout temps » conformément au droit international humanitaire. L’OMS appelle à leur libération immédiate et sans condition. Si l’organisation recense et vérifie les attaques contre les services de santé, elle précise ne pas en attribuer les responsabilités, estimant que cela ne relève pas de son mandat.
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Des attaques répétées contre le système de santé
Depuis le début de l’année, l’OMS a recensé 65 attaques contre les services de santé au Soudan. Ces violences ont fait 1.620 morts et 276 blessés. Parmi ces attaques, 54 ont visé le personnel soignant, 46 ont touché des établissements de santé et 33 ont concerné des patients. Ces chiffres illustrent l’effondrement progressif du système de santé soudanais, pris au piège d’un conflit qui continue de faire payer un lourd tribut aux civils et aux travailleurs humanitaires.
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