Enquête pour corruption visant un conseiller du président du Congo: un policier français mis en examen

Par AFP

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Un fonctionnaire de la police française aux frontières (PAF) a été mis en examen pour "corruption" la semaine dernière dans le cadre d'une information judiciaire visant également Lucien Ebata, négociant pétrolier et conseiller du président du Congo, a-t-on appris jeudi.

"Un fonctionnaire de la PAF à l'époque des faits a été mis en examen du chef de corruption le 7 octobre et placé sous contrôle judiciaire", a détaillé cette source judiciaire. L'IGPN, la "police des polices", a été saisie, a-t-elle ajouté. Ces poursuites interviennent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet national financier (PNF) en mai 2020, a-t-elle précisé. Dans cette enquête, Lucien Ebata a été mis en examen la semaine dernière pour "manquement à l'obligation de déclaration de capitaux, blanchiment et corruption active". De passage en France, il s'était rendu à une convocation judiciaire le 5 octobre et avait été placé en garde à vue. M. Ebata, à la tête de la holding de trading pétrolier Orion group, avait été arrêté en janvier 2012 dans un aéroport de la région parisienne "en possession de plus de 180.000 euros en espèces", a indiqué la source judiciaire. Le parquet de Bobigny avait ouvert une enquête préliminaire notamment pour "manquement à l'obligation de déclaration de capitaux", puis s'était dessaisi au profit du parquet financier en 2016. Lucien Ebata étant "conseiller spécial du président de la République du Congo, président de la commission chargée des négociations avec le Fonds monétaire international" (FMI), il est détenteur d'un "passeport diplomatique" et d'un "ordre de mission signé du président" Denis Sassou Nguesso, a rappelé l'ambassade du Congo dans un courrier adressé au ministère des Affaires étrangères la semaine dernière et consulté par l'AFP. "A ce titre, il bénéficie de l'immunité fonctionnelle", est-il souligné. En 2016, l'enquête sur les circuits financiers offshore intitulée "Panama papers" avait révélé que Lucien Ebata était détenteur de quatre comptes bancaires dans des Etats considérés alors comme des paradis fiscaux. Son nom est aussi cité dans l'enquête dite des "biens mal acquis" sur l'origine du patrimoine mobilier et immobilier que la famille Sassou Nguesso s'est constitué en France.