Guinée: l'ex-président Condé se trouve aux Emirats pour des soins (junte)

AFRICA RADIO

19 janvier 2022 à 0h36 par AFP

Le président déchu de la Guinée Alpha Condé a quitté son pays cette semaine pour recevoir un traitement médical aux Emirats arabes unis, a déclaré mardi la junte militaire au pouvoir, qui avait donné son accord à ce départ.

L'ancien président, âgé de 83 ans et écarté du pouvoir par un coup d'Etat militaire en 2021, a quitté lundi cet Etat d'Afrique de l'Ouest, avaient indiqué ce jour-là des responsables gouvernementaux ayant requis l'anonymat. Mais la junte n'avait alors pas confirmé son départ. Elle a diffusé mardi une vidéo dont la légende indiquait que M. Condé était parti pour se faire soigner aux Emirats arabes unis. Alpha Condé, vêtu d'un costume, se rend dans un aéroport non identifié avant de monter dans un avion, selon ces images. "Il est urgent pour moi d'aller me faire soigner, c'est ma préoccupation", déclare-t-il. "Je suis sûr d'être bien soigné" là-bas. A la tête du pays pendant près de onze ans, M. Condé a été renversé le 5 septembre 2021 par le colonel Mamady Doumbouya et ses hommes. Il a été détenu au secret pendant douze semaines, jusqu'à ce que la junte l'autorise à résider chez son épouse dans la banlieue de Conakry. La junte passe pour avoir rechigné à le laisser quitter le pays, redoutant des menées de sa part contre le nouveau pouvoir mais elle l'avait autorisé fin décembre à quitter le pays pour des examens médicaux. Sa libération faisait partie des exigences de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), avec la tenue d'élections dans les six mois. La Cédéao a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, qui s'est fait investir président de transition. Alpha Condé a été autorisé à quitter la Guinée alors que la justice vient d'ordonner l'ouverture d'investigations sur les crimes présumés commis sous sa présidence. Le colonel Doumbouya a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue.