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Immigration: plus de 100 morts en Méditerranée, MSF dénonce l'"indifférence" de l'UE

L'ONG Médecins sans frontières a dénoncé mercredi la "négligence" des pays européens et leurs "politiques migratoires" qui ont conduit, selon elle, à la mort de plus de cent personnes lors de deux drames survenus la semaine dernière en Méditerranée centrale.

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6 avril 2022 à 18h51 par AFP

"La négligence de l'Italie et de Malte dans l'assistance aux bateaux en détresse, et l'indifférence de l'UE et de ses Etats membres face au nombre croissant de morts (...) sont inacceptables", a écrit dans un communiqué l'ONG, estimant que les incidents survenus en mer résultent "des politiques migratoires de l'Union européenne". Le "retrait" des pays européens "des opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée et leur soutien aux garde-côtes libyens sont à l'origine des décès et des violations des droits de l'homme qui se produisent en Méditerranée centrale", a déclaré Caroline Willemen, coordinatrice à bord du Geo Barents, le navire de MSF qui patrouille sur cette route migratoire maritime. Le jeudi 31 mars, quatre enfants et sept femmes ont été retrouvés morts à bord d'un bateau pneumatique surchargé: 126 passagers ont été interceptés par les garde-côtes libyens et renvoyés en Libye. Deux jours plus tard, samedi 2 avril, plus de 90 personnes sont mortes après avoir passé plusieurs jours en mer, sans que les causes de leur mort ne soient connues. Quatre personnes ayant survécu ont été secourues par un pétrolier qui les a ramenées en Libye, témoigne l'ONG. "Ces personnes ont fui l'enfer de la Libye et ont ensuite assisté à la mort de dizaines de leur compagnons en dérivant plusieurs jours en mer. Après cette épreuve inimaginable, ils ont été renvoyés en Libye", où ils risquent "abus et tortures", regrette Caroline Willemen, citée dans le communiqué. Alors que "ces mêmes dirigeants et institutions européennes expriment leur plus profonde solidarité avec les réfugiés fuyant l'Ukraine, on ne peut que s'étonner du traitement réservé par l'Union européenne à d'autres fuyant des situations de violence dans leur pays d'origine et/ou tout au long de leur parcours migratoire", souligne encore Médecins sans frontières. La Méditerranée centrale, qui relie la Libye et les pays du Maghreb à l'Italie ou Malte, est la route migratoire la plus dangereuse du monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations. L'agence onusienne y estime à plus de 23.500 le nombre de morts et disparus depuis 2014, dont 2.048 l'an dernier.