Le chef de la junte guinéenne en visite au Mali à la veille d'un important sommet

AFRICA RADIO

21 septembre 2022 à 17h51 par AFP

Le chef de la junte guinéenne est arrivé mercredi au Mali, à la veille de la fête de l'indépendance de ce voisin également dirigé par des militaires, mais aussi d'un rendez diplomatique lourd d'enjeux pour les deux pays, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Ce déplacement du colonel Mamady Doumbouya, le premier hors des frontières depuis que lui et ses hommes ont pris le pouvoir par la force en septembre 2021, n'a donné lieu à quasiment aucune communication officielle des deux côtés. Le colonel Doumbouya a atterri à bord d'un avion mis à sa disposition par les autorités maliennes et qui est allé le chercher à Conakry, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. Un document envoyé par les Affaires étrangères maliennes aux missions diplomatiques et consulté par l'AFP parle de "visite d'amitié et de travail" mercredi et jeudi. Elle a lieu alors que le Mali célèbre jeudi le 62ème anniversaire de son indépendance. Le même jour doit se tenir en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York un sommet extraordinaire de l'organisation des Etats ouest-africains (Cédéao) qui devrait être principalement consacré à la Guinée et au Mali. Le Mali à deux reprises et la Guinée font partie avec le Burkina Faso des pays de la Cédéao où les militaires se sont emparés du pouvoir au cours des deux dernières années. Le sommet devrait examiner la réponse à apporter au plan des militaires guinéens de se maintenir pendant trois ans à la tête du pays avant de céder la place à des civils élus. Le président en exercice de la Cédéao, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo, a prévenu mercredi que la Guinée allait au devant "de lourdes sanctions" si la junte persistait dans ce dessein. La Cédéao a infligé en janvier un sévère embargo commercial et financier au Mali pour sanctionner le projet des militaires de rester au pouvoir jusqu'à cinq années supplémentaires. La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta s'est depuis engagée sous la pression à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo. Mais le Mali et la Guinée reste suspendus des organes de la Cédéao. En ce qui concerne le Mali, c'est surtout le sort de 46 militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée à Bamako et détenus depuis qui devrait occuper la Cédéao. L'affaire a encore dégradé les relations déjà tendues entre Bamako et Abidjan. La junte malienne qualifie ces soldats de "mercenaires" et les accuse d'avoir voulu attenter à la sûreté de l'Etat. La Côte d'Ivoire assure qu'ils venaient en mission pour l'ONU et dénonce "une prise d'otage". Les autorités guinéennes avaient été parmi les rares à se solidariser avec le Mali face aux sanctions, et avait maintenu les frontières ouvertes.