Libye: Amnesty dénonce la détention arbitraire de manifestants

L'organisation de défense des droits humains Amnesty international a dénoncé mardi la détention de neuf "manifestants pacifiques" par les forces alliées de Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye, appelant à leur libération.

AFRICA RADIO

19 avril 2022 à 15h06 par AFP

"L'Agence de sécurité intérieure (ISA), un ensemble de puissants groupes armés opérant dans les zones sous le contrôle des Forces armées arabes libyennes (LAAF), détient arbitrairement au moins neuf manifestants pacifiques et un journaliste au secret", a déclaré Amnesty mardi dans un communiqué. D'après l'organisation, ces personnes ont été "arrêtées après avoir manifesté pacifiquement à Syrte" (nord) le 19 mars aux côtés d'une trentaine d'autres manifestants pour appeler la communauté internationale et les autorités locales à indemniser les victimes des frappes aériennes de l'OTAN en 2011. "La semaine suivante, un journaliste et au moins 10 manifestants ont été arrêtés par des hommes armés", a déploré Amnesty qui a indiqué avoir visionné des vidéos et recueilli des témoignages de la manifestation à Syrte, fief du dictateur déchu Mouammar Kadhafi, sous le contrôle des pro-Haftar depuis l'été 2020. "Ali al-Refawi, un journaliste qui couvrait la manifestation pour la chaîne libyenne 218, fait partie des personnes actuellement détenues. Il a été arrêté par des hommes armés le 26 mars et emmené dans un lieu tenu secret", selon le communiqué. Plongée dans le chaos politique et sécuritaire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi à la suite d'une révolte populaire appuyée par l'OTAN en 2011, la Libye est minée par les divisions et se retrouve depuis début mars avec deux gouvernements rivaux, comme elle l'a été entre 2014 et 2021. Pour Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International, la "détention arbitraire" de ces manifestants pacifiques pour avoir demandé réparation (...) montre à quel point les groupes pro-Haftar "sont intolérants à l'égard de tout militantisme indépendant, même s'ils ne critiquent pas leur autorité". Les pro-Haftar, qui contrôlent l'Est et une partie du Sud libyen, "ont resserré l'emprise sur le territoire sous leur contrôle" où "des opposants et des critiques présumés ont été abattus dans la rue, ont disparu de force ou croupissent en prison", selon Mme Eltahawy. La LAAF, qui constitue l'ensemble des groupes armés sous l'autorité directe de Khalifa Haftar "doit immédiatement garantir la libération de toutes les personnes détenues pour avoir simplement exercé leurs droits de réunion et d'expression pacifiques", a poursuivi Amnesty. rb/ezz/rm [object Object]