Manifestations meurtrières au Tchad: 139 personnes remises en liberté

AFRICA RADIO

11 décembre 2022 à 20h36 par AFP

Cent trente-neuf personnes arrêtées au cours d'une manifestation réprimée dans un bain de sang en octobre au Tchad ont été remises en liberté dimanche soir après un mois et demi de détention, a annoncé le substitut du procureur de la République de N'Djamena.

Au total, 80 d'entre elles ont écopé de un à deux ans d'emprisonnement avec sursis et les 59 autres ont été relaxées à l'issue d'un procès de masse de 401 personnes. "Toutes ces personnes sont munies d'un ordre de libération. Dès cet instant elles sont libres et peuvent rentrer chez elles", a déclaré à l'AFP le second substitut du procureur de N'Djamena, Rachid Mahamat Allamine. Ce procès s'est tenu à huis clos fin novembre pendant quatre jours, sans avocats et sans médias indépendants, dans le bagne de Koro Toro à 600 km au nord-est de N'Djamena, la capitale, où les manifestants arrêtés avaient été massivement transférés. Lors de ce même procès, 262 personnes ont été condamnées à des peines de 2 à 3 ans de prison ferme pour "attroupement non autorisé, destruction de biens, incendie volontaire, violence et voies de fait et trouble à l'ordre public". Les 139 hommes sont arrivés en fin de journée au ministère de la justice à N'Djamena à bord de véhicules militaires après 48 heures de route depuis la prison de Koro Toro et avaient l'air fatigués, a constaté un journaliste de l'AFP. Ils avaient été arrêtés à N'Djamena pendant et après la manifestation organisée le 20 octobre contre le pouvoir qui avait fait une cinquantaine de morts, essentiellement dans la capitale, quand les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur la moindre tentative de rassemblement. Le pouvoir avait alors reconnu l'arrestation de 601 personnes pour la capitale et leur transfert dans la prison de haute sécurité de Koro Toro. Le président de transition Mahamat Idriss Déby Itno les avait accusés d'avoir voulu mener une "insurrection" et une tentative de "coup d'Etat". Jeudi, 80 jeunes âgés de 13 à 18 ans ont été remis en liberté provisoire. A ce jour, les cas de plus de 200 personnes sur les quelque 600 arrêtées sont encore sous le coup d'une enquête menée par des juges d'instruction.