Mozambique: le chef d'un groupe armé dissident de la Renamo tué par les forces de sécurité

11 octobre 2021 à 19h36 par AFP

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Mariano Nhongo, chef d'une faction armée dissidente de la Renamo, principal parti d'opposition au Mozambique, a été tué lundi dans des affrontements avec les forces de sécurité, a annoncé le chef de la police.

Mariano Nhongo dirigeait un groupe dissident de la Renamo, la Junte militaire de la Renamo, fondée en opposition à l'accord de paix de 2019 avec le parti au pouvoir Frelimo. Selon le chef de la police mozambicaine Bernardino Rafael, Nhongo a été tué lundi matin lors d'affrontements avec les forces de sécurité dans la province de Sofala (est). "La Junte militaire a attaqué la première une patrouille et cet échange de tirs a abouti à la mort de Mariano Nhongo", a déclaré dans une déclaration diffusée à la télévision M. Rafael qui a souligné que l'intention des forces de sécurité était d'arrêter le chef rebelle et non de le tuer. "Ce n'était pas l'issue prévue", a-t-il déclaré, précisant que l'un des plus "proches partisans" de Nhongo avait également été tué dans la fusillade. Le gouvernement du Mozambique accuse cette faction dissidente de la Renamo de mener des attaques et de tuer des civils dans le centre du pays. Un accord de paix et de désarmement avait été conclu en 2019 entre le président Filipe Nyusi et le chef de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), Ossufo Momade, après des décennies d'insurrection. Une guerre civile impitoyable a opposé les combattants de la Renamo au gouvernement dirigé par le Front de libération du Mozambique (Frelimo) entre 1975 et 1992. Après la conclusion de l'accord de paix, la Renamo avait été autorisée à participer à la vie politique. Mais la Renamo avait conservé une aile armée, dont les forces ont de nouveau affronté l'armée gouvernementale entre 2013 et 2016. Nhongo avait continué à attiser la violence, refusant de déposer les armes même après que les deux parties eurent décidé de nouveau de faire la paix. L'envoyé spécial de l'ONU au Mozambique Mirko Manzoni a qualifié la mort de Nhongo d'"issue malheureuse". "Nous avons cherché à établir des relations avec Nhongo depuis plus de deux ans", a-t-il souligné, saluant les efforts du gouvernement pour instaurer la paix. "Les opportunités de recourir au dialogue au lieu de la violence se sont présentées plusieurs fois", mais "elles se sont avérées vaines", a-t-il regretté. strs-sch/mbx/mr/ayv/