11 octobre 2010 à 10h12 par La rédaction

LOME (AFP)

Jean-Pierre Fabre, candidat malheureux du principal parti d'opposition du Togo, l'Union des forces de changement, à la présidentielle de mars, a été porté à la tête d'une nouvelle formation politique après l'éclatement de l'UFC en deux camps rivaux, ont déclaré lundi des membres du parti.

L'Alliance nationale pour le changement (ANC) a été créée dimanche à Lomé, loin de la presse, afin d'éviter des "polémiques", a indiqué à l'AFP l'un de ses responsables.

"La naissance de ce nouveau parti est la manifestation de notre ferme volonté à poursuivre la lutte", a-t-il indiqué.

M. Fabre dirigeait l'une des factions de l'UFC, parti fortement secoué par des dissensions internes après un accord signé en mai entre son leader Gilchrist Olympio et les responsables du Rassemblement du peuple togolais (RPT) au pouvoir.C'est la première fois que l'UFC participe au gouvernement depuis sa création en 1992.

Cet accord a divisé ce parti en deux factions, celle dirigée par M. Olympio et une autre emmenée par son secrétaire général, M. Fabre, qui conteste la victoire du président Faure Gnassingbé à l'élection de mars et a accusé M. Olympio de trahison.

Seule la branche Olympio est reconnue par les autorités togolaises.

Présidé par M. Fabre, le bureau national de l'ANC est composé en majorité d'anciens responsables de l'UFC dont Patrick Lawson et Isabelle Améganvi.

Selon des observateurs, la naissance de ce parti vient mettre fin à la crise qui secoue la principale formation politique de l'opposition.

"A travers la création de l'ANC, le divorce est définitivement consommé entre M. Olympio et ses amis d'hier.Chacun prend maintenant son chemin et verra, les mois à venir, sur le terrain, sa force de frappe", a commenté à l'AFP Evariste Agidou, professeur de droit à la retraite.

Pour Me Raphaël Kpandé-Adzaré, président de la Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH), la naissance de ce parti est la "meilleure solution, après plusieurs mois de querelles internes".