Allemagne : prison avec sursis pour un espion au service de l'Egypte

Par AFP

AFRICA RADIO

Un ancien collaborateur égypto-allemand du service de presse d'Angela Merkel a été condamné à une peine de prison avec sursis pour s'être livré à des activités d'espionnage, a-t-on appris mercredi auprès du tribunal de Berlin chargé de cette affaire.

Cet homme de 66 ans, désigné sous le nom d'Amin K., s'est vu infliger une peine de prison avec sursis d'un an et neuf mois."L'accusé est passé aux aveux", a précisé une porte-parole du tribunal à l'AFP.Le jugement a été rendu à l'issue d'un accord conclu la semaine dernière entre la défense et le parquet, a-t-elle souligné.Amin K. était employé dans le service des visites du centre de presse fédéral allemand, responsable entre autres de la communication sur les activités de la chancellerie.L'homme a reconnu avoir effectué depuis juillet 2010 des observations générales sur la manière dont les médias traitaient de politique intérieure et internationale en rapport avec l'Égypte et répondu aux demandes des agents des services de renseignement égyptiens.Il a agi "pour le compte de l'ambassade égyptienne" à Berlin, où il rapportait ses observations à des agents, selon l'acte d'accusation du parquet.Il les informait aussi des événements quotidiens en Allemagne, comme par exemple les perquisitions en 2018 dans une mosquée dont l'imam avait des liens avec l'Égypte.Amin K. a tenté de convaincre un traducteur du Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, de lui livrer des informations confidentielles, sans succès. Et il a transmis au service d'espionnage extérieur égyptien (GIS) les noms de cinq collègues du centre de presse nés en Syrie, toujours selon l'acte d'accusation. En échange, il espérait bénéficier d'un traitement de faveur de la part des autorités égyptiennes. Il a aussi demandé leur aide afin que sa mère puisse faire valoir des droits à la pension égyptienne.Son ancien supérieur hiérarchique au centre de presse a souligné qu'il n'avait jamais eu accès à des informations sensibles dans le cadre de ses fonctions."Nous n'aurions jamais pu imaginer qu'il espionnait pour l'Egypte", a-t-il témoigné devant le tribunal.Selon le rapport du Renseignement intérieur allemand, tant le service d'espionnage extérieur égyptien que son service de renseignement intérieur (NSS) sont actifs en Allemagne.Leur objectif est notamment de collecter des informations sur des opposants au régime égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi qui vivent dans ce pays et en particulier des sympathisants de la confrérie des Frères musulmans, interdite depuis 2013 en Egypte.