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Amnesty réclame justice pour les manifestants tués au Soudan

13 septembre 2019 à 19h11 Par AFP
Amnesty International a réclamé vendredi à ce que justice soit rendue aux personnes tuées dans la répression du mouvement de contestation au Soudan, estimant que les manifestants avaient fait face à une violence "disproportionnée" et "inutile". Selon un comité de médecins, plus de 250 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation né en décembre 2018 du triplement du prix du pain, avant de prendre rapidement une tournure politique contre le régime d'Omar el-Béchir puis contre le Conseil militaire de transition, qui lui a succédé.Parmi ces victimes, au moins 127 ont péri lors de la dispersion brutale en juin d'un rassemblement qui durait depuis près de deux mois devant le quartier général de l'armée à Khartoum, d'après le même comité de médecins proche de la contestation."Amnesty International remercie le peuple soudanais d'avoir fait preuve de courage, de résilience et de nous avoir montré qu'il est possible de résister à l'injustice et aux violations des droits humains", a déclaré à des journalistes le secrétaire général de l'ONG, Kumi Naidoo, lors d'une visite à Khartoum.Selon M. Naidoo, les manifestants soudanais ont fait face à un usage de la violence "disproportionné" et "inutile".L'organisation de défense des droits humains "soutiendra le peuple soudanais qui appelle le nouveau gouvernement à s'assurer que justice soit rendue aux familles" des victimes, a-t-il ajouté, à l'occasion de son premier déplacement au Soudan en tant que secrétaire général d'Amnesty.Fin juillet, une enquête officielle a conclu à l'implication dans la répression du sit-in de huit paramilitaires des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) dirigées par Mohammed Hamdan Daglo, aussi accusées de crimes dans la région du Darfour (ouest) sous le régime de M. Béchir.Le mois dernier, le Soudan est parvenu à s'engager sur la voie d'une transition vers un régime civil, après la signature d'un accord entre les leaders de la contestation et les généraux du Conseil militaire.Un Conseil souverain, composé à la fois de civils et de militaires, a été formé pour piloter cette transition qui doit durer 39 mois.